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Cinéma

50/50 : Un crabe dans la tête

Dans 50/50, comédie dramatique aussi drôle qu’émouvante de Jonathan Levine, un jeune homme apprend qu’il a une chance sur deux de guérir d’un cancer du cerveau.

Il n’y a pas du tout matière à rire lorsqu’on parcourt les statistiques de la Société canadienne du cancer. Ainsi, 40% des Canadiennes et 45% des Canadiens auront un cancer, et un Canadien sur quatre en mourra. Mis à part la chimio et la radiothérapie, le rire serait-il l’une des meilleures thérapies pour passer à travers cette terrible épreuve? Après tout, ne dit-on pas que le rire, c’est la santé?

S’inspirant de sa propre expérience, le scénariste Will Reiser a opté pour l’humour afin de raconter l’odyssée que traversera un homme de 27 ans (Joseph Gordon-Levitt, toujours juste) après avoir appris qu’il est atteint d’une forme rare de cancer du cerveau. "Plus le nom est difficile à prononcer, pire est la maladie", lui dira l’un des patients, sourire en coin, en guise de mot de bienvenue lors de sa première séance de chimiothérapie.

Après avoir annoncé la nouvelle à son entourage, le jeune homme aura dès lors à lutter contre l’attitude envahissante de sa mère (Anjelica Huston, d’une douce hystérie), déjà aux prises avec un mari souffrant de la maladie d’Alzheimer (Serge Houde, touchant). Se révéleront à lui les vrais visages de sa copine (Bryce Dallas Howard, garce à souhait) et de son meilleur ami (Seth Rogen, irrésistiblement drôle). Tentera aussi bien que mal de le soutenir une maladroite psychologue (Anna Kendrick, une Jennifer Aniston en mode mineur).

Alors que Restless de Gus Van Sant fait passer le cancer après la romance, tout en demeurant dans la fascination morbide, chez Jonathan Levine (The Wackness), la maladie est au coeur de chaque réplique, lucide et piquante, de chaque regard, de pitié ou de compassion, de chaque geste, égoïste ou bienveillant. Si l’émotion nous étreint la gorge à mesure que le crabe gagne du terrain, Levine nous attend au tournant avec une scène cocasse, parfois grivoise, mais jamais déplacée. Ici, la mort se fait envoyer paître avec une désarmante insolence.

Ce parfait dosage entre l’émotion et l’humour parvient tout au long à maintenir le spectateur à fleur de peau, à le déstabiliser avec bonheur. Au final, 50/50, malgré sa facture modeste, son apparente simplicité, son soupçon d’irrévérence, s’avère une comédie dramatique formidablement humaine, chaleureuse et pleine d’espoir.

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Restless de Gus Van Sant, Le bruit des glaçons de Bertrand Blier, Funny People de Judd Apatow

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