L'homme qui voulait vivre sa vie : Tout recommencer
Cinéma

L’homme qui voulait vivre sa vie : Tout recommencer

Dans L’homme qui voulait vivre sa vie, d’Eric Lartigau, Romain Duris doit changer d’identité après s’en être pris à l’amant de sa femme.

Ayant déjà réalisé quelques comédies, Eric Lartigau a choisi d’adapter le roman The Big Picture de Douglas Kennedy pour son plus récent long métrage se situant dans un registre résolument dramatique. Le réalisateur s’offre même une étonnante distribution pour une ouvre qui l’est pourtant moins. Toutefois, il serait injuste d’affirmer que L’homme qui voulait vivre sa vie laisse indifférent, mais il n’est pas aussi captivant qu’on pouvait l’espérer.

Paul Exben (Romain Duris) est un trentenaire marié, père de deux enfants et sur le point d’être le prochain patron d’une firme d’avocats. L’homme ne semble toutefois pas comblé par sa situation aisée. Son couple est en déclin et lorsqu’il découvre que son épouse (Marina Foïs, distante) entretient une liaison avec un voisin, il s’enflamme. La jalousie le pousse à confronter l’amant dans un échange qui tourne mal, causant accidentellement sa mort. Ayant franchi un point de non-retour, Paul choisit d’usurper l’identité de la victime, tentant de se faire une nouvelle vie en s’exilant à Kotor, au Monténégro. Là-bas, son talent de photographe est rapidement repéré, accentuant l’éventualité qu’il soit démasqué. Mais ce dernier court ce risque, alors qu’il a enfin le sentiment de pouvoir accomplir ce dont il a toujours rêvé.

Se présentant d’abord comme un drame familial, L’homme qui voulait vivre sa vie prend soudainement des allures de thriller avec effets du genre appuyés. En effet, si l’agonie du voisin se révèle graphique, Lartigau s’attarde longuement et de manière quasi hitchcockienne aux moyens que prend son personnage pour se débarrasser du corps de la victime. Le second acte se présente sous une forme plus contemplative sans pour autant évacuer quelques éléments de suspense, alors qu’un journaliste alcoolique et indiscret (Niels Arestrup) devient très intéressé par le passé de Paul. Cette deuxième partie met d’ailleurs en scène un Romain Duris plus à l’aise et plus convaincant. Par contre, il apparaît bien loin de ce qu’il incarnait au départ.

Difficile d’être entièrement touché par cette production cherchant de toute évidence à faire vivre une gamme d’émotions. C’est plutôt une distance qui se crée. Un fossé probablement lié à certaines invraisemblances difficiles à avaler dans une adaptation bancale. Demeurent les brèves mais sincères interventions de Catherine Deneuve dans le rôle de l’associée de Duris.


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