Ne manquez rien avec l’infolettre quotidienne.
Un monstre à Paris : La puce à l'oreille
Cinéma

Un monstre à Paris : La puce à l’oreille

Après avoir travaillé huit ans aux États-Unis, Bibo Bergeron est revenu au bercail pour signer Un monstre à Paris.

Embauché par DreamWorks en 1997, Bibo Bergeron souhaitait tourner en France après avoir connu le succès aux États-Unis. Bien que The Road to El Dorado et Shark Tale n’aient pas récolté de chiffres fracassants au box-office, il revient à Paris en 2005. Quelques mois après son arrivée, il contacte Mathieu Chédid pour l’inviter à composer la musique d’Un monstre à Paris, récit campé dans le Paname inondé de 1910. À la suggestion du musicien, Vanessa Paradis embarque dans l’aventure pour prêter sa voix à Lucille, chanteuse de cabaret et protectrice du monstre Francoeur.

"J’ai récrit Francoeur en pensant à Mathieu parce qu’il a cette tendresse, ce regard d’enfant sur le monde, confiait le réalisateur. Vanessa a ce côté pétillant, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, et en même temps, elle ne veut faire de mal à personne. Quand je les ai vus ensemble, ils étaient comme frère et soeur. Je leur racontais l’histoire, ils m’apportaient leur fraternité; leur fraternité m’inspirait et eux s’inspiraient de mon histoire pour créer Lucille et Francoeur."

Passionné par le tournant du 20e siècle et son foisonnement tant industriel qu’artistique, fasciné par l’impressionnisme, citant Degas, Sisley et Caillebotte comme sources d’inspiration, Bibo Bergeron s’est spontanément plongé dans cette époque: "C’est très, très riche, cette période-là. Pendant une vingtaine d’années, ils se sont tous décidés à inventer des choses. Je me suis dit que c’était l’occasion de créer des personnages hauts en couleur."

De retour chez lui, Bergeron ne se sentait-il pas comme un Américain à Paris? "Ah non, il n’y a pas plus Français que moi. Et en plus, je suis né le 14 juillet! Les Anglo-Saxons m’ont appris mon métier, mais je reste très Français et j’ai été engagé pour ça là-bas. Ç’aurait été idiot de revenir à Paris avec une copie de film américain, alors autant faire un projet très français. Je voulais faire un film très personnel avec des intentions artistiques qui me tiennent à coeur. À Paris, on n’a pas le confort financier des studios hollywoodiens, mais on a la liberté créative. En même temps, la liberté a ses limites… et c’est ce qui donne encore plus de liberté, plus d’imagination."

Les frais du voyage à Paris ont été payés par Unifrance.

ooo

Un monstre à Paris

Née d’une expérience scientifique d’un livreur fantasque et d’un timide projectionniste (voix de Gad Elmaleh et Sébastien Desjours), une puce géante à la voix d’or (M) se réfugie auprès d’une courageuse chanteuse de cabaret (Vanessa Paradis) afin de fuir un fat préfet (François Cluzet) voulant lui mettre la main au collet. Avec sa 3D subtile, ses douces couleurs et ses gentils clins d’oeil au Fantôme de l’opéra, Frankenstein et King Kong, Un monstre à Paris possède le charme suranné d’un vieil album d’images pour enfants. Au-delà de cette tendre histoire d’amitié et de ses attachants personnages délicatement animés par Bibo Bergeron, ce sont les accrocheuses chansons de M aux allitérations délicieuses qui remportent la mise. Pour ajouter au plaisir, la voix singulière du chanteur se marie parfaitement à celle de Paradis.

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie