To Rome with Love : Vacances romaines
Cinéma

To Rome with Love : Vacances romaines

S’inspirant très librement du Décaméron de Boccace, Woody Allen nous envoie des cartes postales d’Italie dans To Rome with  Love.

L’auteure de ces lignes a déjà avancé que les vacances allaient à merveille à Woody Allen tant ses escapades cinématographiques à Londres (Match Point), à Barcelone (Vicky Cristina Barcelona) et à Paris (Midnight in Paris) l’avaient charmée. Or, en sortant de la projection de To Rome with Love, elle s’est spontanément demandé si ce bon vieux Woody ne devrait pas se remettre à tourner au plus vite à Manhattan – semble-t-il qu’il s’apprête à poser sa caméra à Copenhague.

De fait, les histoires qu’Allen propose dans cette oeuvre très mineure se révèlent si inégales et si laborieusement intercalées les unes dans les autres que l’on ressort à moitié sous le charme de ces jolies et lumineuses cartes postales de la Ville éternelle, gracieuseté du directeur photo Darius Khondji. Et pourtant, dans certaines répliques spirituelles, notamment celles qu’échangent Allen et l’exquise Judy Davis, on reconnaît avec bonheur tout ce qui fait la force des comédies du bien-aimé cinéaste new-yorkais.

À défaut de séduire par ses récits, To Rome with Love ne déçoit pas complètement grâce à des numéros d’acteurs particulièrement inspirés. Ainsi, Penélope Cruz divertit en prostituée de luxe vulgaire, tandis que Roberto Benigni fait mouche dans le rôle d’un homme ordinaire qui devient une célébrité instantanée. La palme revient toutefois à Alec Baldwin, impeccable en témoin lucide des amours d’Ellen Page et Jesse Eisenberg – bien que l’on ne saisisse pas toujours la nature de son personnage…