Les infidèles : Scènes de la vie extraconjugale
Cinéma

Les infidèles : Scènes de la vie extraconjugale

Film à sketchs à 14 mains, dont celles de Jean Dujardin et Michel Hazanavicius, Les infidèles traite de l’adultère sur tous les modes.

Sorti fin février en France, alors que Jean Dujardin poursuivait sa campagne de séduction auprès des Américains à la veille des Oscars, Les infidèles a d’abord fait couler beaucoup d’encre en raison de ses affiches jugées sulfureuses. Sur l’une d’elles, on pouvait lire "Chérie, je rentre en réunion" et voir Dujardin, l’air goguenard, tenant de jolies jambes à hauteur de ceinture. Pas de quoi crier au scandale, d’autant plus que ces affiches annonçaient clairement la nature du film.

De fait, on ne peut dire que ce film à sketchs, signé Dujardin, Michel Hazanavicius (The Artist), Fred Cavayé (À bout portant), Gilles Lellouche (Narco), Éric Lartigau (L’homme qui voulait vivre sa vie), Alexandre Courtès (The Incident) et Emmanuelle Bercot, passera à l’histoire pour la finesse de son humour et sa subtile illustration de l’adultère. Que nenni! Franchouillarde et machiste, cette production imaginée par Dujardin rappelle par moments les médiocres comédies grivoises où sévissait Aldo Maccione… D’un sketch à l’autre, Dujardin et Lellouche s’en donnent à coeur joie dans le cabotinage en incarnant différents personnages machos. D’accord, Guillaume Canet surprend en beauf incapable de contrôler ses pulsions sexuelles, mais de là à saluer sa composition caricaturale, il y a un pas que l’on ne saurait franchir.

Au milieu de cet étalage de mauvais goût et de blagues sexistes, Emmanuelle Bercot, scénariste de Polisse de Maïwenn, signe un petit bijou qui détonne dans le lot par son registre plus dramatique. Jean Dujardin et Alexandra Lamy, sa compagne à l’écran et à la ville, y incarnent un couple discutant d’un ami (Lellouche) qui trompe sa femme comme il respire.

Souvent cantonnée dans des rôles comiques, Lamy fait montre d’une rare justesse. Il faut voir son visage rayonner puis se décomposer alors qu’elle reçoit les confidences de Dujardin, d’une belle sobriété. D’une mise en scène intimiste, d’une montée dramatique parfaitement orchestrée, le sketch de Bercot s’avère une radiographie du couple d’une troublante vérité. Il est dommage que les producteurs aient préféré terminer le tout sur une note burlesque afin de retrouver Dujardin et Lellouche dans des rôles de pitoyables séducteurs en cavale à Las Vegas. Ne manquent que les bloopers pour accompagner le générique de fin.

En salle le 24 août