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Cinéma

Lawless : Moonshine

Écrit par Nick Cave, d’après le roman de Matt Bondurant, Lawless, de John Hillcoat, fait revivre l’époque de la  prohibition.

Après avoir brossé avec brio le violent destin d’une famille dans le Outback en mode western (The Proposition) et illustré une touchante relation père-fils sur fond de fin du monde (The Road), John Hillcoat semble avoir eu la main moins heureuse quand est venu le temps de raconter le véritable destin des frères Bondurant, d’après des anecdotes glanées puis romancées par Matt Bondurant dans The Wettest County in the World. Non pas que Lawless, présenté en compétition à Cannes d’où il est revenu bredouille, soit un ratage total, mais il y a un je ne sais quoi dans le traitement qui fait que les choses ne collent pas complètement.

Serait-ce le fait que les rôles des trois frères contrebandiers de la Virginie soient tenus par des acteurs n’étant pas de calibre à se frotter aux Guy Pearce et Gary Oldman, que l’on retrouve respectivement en coquet agent corrompu et en bandit redoutable? À moins que ce ne soient les rôles qui aient été mal définis par Nick Cave, qui a composé la trame sonore en même temps qu’il écrivait le scénario?

Toujours est-il que Tom Hardy, en Forrest la brute épaisse, Jason Clarke, en Howard le vétéran traumatisé de la Grande Guerre, et Shia LaBeouf, en Jack le petit futé, traînent le film vers le bas par leur manque de conviction. À leur défense, certains de leurs agissements, notamment ceux de Forrest, frisent le ridicule… Sans parler de toute cette surenchère de violence qui confère par moments à ce film de gangsters rural des allures de cartoon poussiéreux où les femmes (Jessica Chastain et Mia Wasikowska, gaspillées) n’ont pas grand-chose à faire hormis battre des cils.

Fort d’une direction artistique minutieuse, Lawless offre pourtant une reconstitution d’époque satisfaisante. Ainsi, dans les scènes où l’on retrouve les personnages occupés à fabriquer le whisky au clair de lune, on se prend à rêver de ce que Hillcoat aurait pu faire s’il avait pu mettre la main sur un scénario béton, la prohibition étant une période si inspirante de l’histoire américaine. Vaut peut-être mieux revoir Bonnie and Clyde d’Arthur Penn, dont Hillcoat se réclame.

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