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Looper : Face à face
Cinéma

Looper : Face à face

L’actrice britannique Emily Blunt incarne une fermière du Midwest qui n’a pas froid aux yeux dans le thriller de science-fiction Looper de Rian Johnson.

Campé en 2042, Looper de Rian Johnson (Brick, The Brothers Bloom) met en scène un jeune tueur à gages (Joseph Gordon-Levitt) dont le travail consiste à liquider pour la mafia des témoins gênants parachutés de 2072. Or, un jour, l’homme mûr (Bruce Willis) qui lui fait face n’est nul autre que lui-même. Commence un jeu du chat et de la souris entre le tueur et son double au cours duquel le plus jeune trouvera refuge chez une fermière (Emily Blunt) vivant seule avec son fils de cinq ans (Pierce Gagnon), qui possède de mystérieux dons.

À l’instar de Gordon-Levitt, qui devait passer trois heures au maquillage afin de ressembler à Willis, Blunt a elle aussi changé de look – sans parler de son accent britannique qu’elle a dû gommer: « En lisant le scénario, j’ai pensé qu’elle devait avoir les cheveux pâles, la peau brûlée par le soleil comme quelqu’un qui travaille dehors chaque jour, qui ne prend pas soin de sa peau, qui ne porte pas de crème solaire. Avec Rian, on voulait que la ferme soit nimbée de lumière dorée, alors on est allés dans ce sens. Ce n’est pas quelqu’un de coquet, c’est une dure à cuire », confiait l’actrice à quelques heures de la projection du film qui ouvrait le 37e Festival international du film de Toronto.

Après The Adjustment Bureau de George Nolfi, d’après un récit de Philip K. Dick, qui n’a pas fait fureur, il est surprenant de retrouver celle qui garde un bon souvenir de Jean-Marc Vallée, pour qui elle a été Young Victoria, dans un film combinant action et science-fiction. À l’écouter parler avec autant d’enthousiasme de Looper, il semble qu’elle ait plus de plaisir à manier le fusil qu’à revêtir le corset victorien…

« Je ne suis pas une fan de films de science-fiction, je ne m’intéresse pas vraiment aux gadgets ni à la technologie, je ne suis vraiment pas une geek. Honnêtement, quand j’ai lu le scénario, je n’ai pas vu Looper comme un film de science-fiction; c’est un thriller, un film d’action, où il y a de l’émotion. En fait, avec Rian, le film auquel on se référait, c’était Witness, pour la tension, l’isolement, la sensation de la visite de l’autre qui vient perturber l’équilibre. »

Il est vrai que dans certaines scènes se déroulant à la ferme, on oublie le côté science-fiction, Johnson donnant un aspect naturaliste à l’ensemble… et transformant du coup ce lieu isolé en un endroit propice à une idylle: « Ce que j’aime de cette romance, c’est qu’elle illustre que lorsque deux personnes souffrent, elles se sentent attirées l’une vers l’autre, mais il s’agit davantage de besoin que d’émotion. Dans ce cas-ci, c’est une nécessité puisque tous deux se sentent isolés; il s’agit donc d’une lente progression vers l’amour. En fait, ça n’a rien à voir avec l’amour », conclut Emily Blunt.

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Looper

Moins original que le film noir Brick, moins ludique que le décalé The Brothers Bloom, Looper se révélait certes un contestable film d’ouverture pour le TIFF, mais s’avère un voyage dans le temps solidement ficelé et divertissant. Au-delà de la tension bien maintenue tout au long de cette course contre la montre, qui ne réinvente pas la roue, soit dit en passant, ce sont plutôt les deux dystopies imaginées par Rian Johnson qui captent l’attention. Ainsi, dans ces environnements glauques, ces sociétés corrompues, se dessine une esquisse peu reluisante de l’humanité. Entre le viril Bruce Willis et le coolissime Joseph Gordon-Levitt, qui imite parfaitement les tics du premier, la piquante Emily Blunt ne s’en laisse pas imposer dans ce thriller haletant où l’amour d’une mère peut sauver le monde.

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