Frankenweenie : Burton 101
Cinéma

Frankenweenie : Burton 101

Dans Frankenweenie, remake de son court métrage de 1984, Tim Burton revisite Mary Shelley en mode familial.

Quelle mouche a donc piqué Tim Burton? Serait-il en panne d’inspiration? Aurait-il envie de faire table rase du passé et de se refaire une jeunesse? Ainsi, après avoir développé des trésors d’imagination et imposé sa signature depuis les années 80, le voici qui reprend le récit d’un charmant court métrage en prises de vue réelles qu’il a réalisé en 1984, celui lui ayant permis d’attirer l’attention de Paul « Pee-wee Herman » Reubens avec qui il tourna Pee-wee’s Big Adventure, afin d’en faire un long métrage d’animation en stop motion.

Relecture du Frankenstein de Mary Shelley, Frankenweenie met en scène un jeune garçon (voix de Charlie Tahan) qui, inspiré par son professeur de sciences (Martin Landau, l’inoubliable Bela Lugosi d’Ed Wood), redonne vie à son chien après que celui-ci eut été percuté par une automobile. Revoir aujourd’hui l’original en noir et blanc, qui mettait en vedette Daniel Stern et Shelley Duvall, permet de découvrir avec émerveillement la genèse de l’oeuvre de Burton, ses inspirations, ses thèmes fétiches et ses obsessions. Voir le sage remake qu’il en a tiré permet de croire que le cinéaste a voulu séduire un tout jeune public en mettant de côté sa douce folie, sa poésie gothique, sa féerie macabre.

Quiconque a suivi l’évolution de Burton se trouvera ici en zone de confort; la musique de Danny Elfman s’y avère une fois de plus enchanteresse et on y reconnaît les voix de Catherine O’Hara et Winona Ryder, qui frayent avec Burton depuis Beetlejuice. Reprenant certains plans de l’original, lui conférant le même éclairage expressionniste, étoffant le récit en y apportant d’autres créatures d’outre-tombe, le réalisateur semble signer un cours d’introduction à son oeuvre.

À l’instar de son ravissant Corpse Bride, les marionnettes aux membres graciles et aux yeux démesurés s’y meuvent avec une grâce si exquise au gré de scènes si fluides qu’on oublie par moments qu’il s’agit là d’animation image par image. Malgré son récit assez linéaire, Frankenweenie ne manque pas de péripéties amusantes bien orchestrées, lesquelles rappellent le cinéma d’épouvante des années 30 et les films catastrophe des années 50, incluant un clin d’oeil amusant à Godzilla. Si le fan de Burton reste sur son appétit, l’enfant en nous en sortira réjoui.

En salle le 5 octobre


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