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Cinéma

L’oeil de l’astronome : Petite leçon de ténèbres

Le documentariste Stan Neumann fait un premier saut dans la fiction avec L’oeil de l’astronome.

C’est littéralement dans l’obscurité nocturne que l’on se fait raconter les 10 nuits d’exploration du ciel par l’astronome Jean Kepler, alors que celui-ci est en possession d’un des premiers télescopes conçus par Galilée. Cet épisode s’étant déroulé en 1610 est le point de départ de ce tout premier film de fiction mis en scène par le documentariste Stan Neumann.

En plus d’observer Jupiter et ses satellites, Kepler (formidable et envoûtant Denis Lavant), unique protestant à la solde de l’empereur Rodolphe II dont le règne achève, parvient également à illustrer certains principes d’optique. Intellectuels, représentants de l’Église, chasseurs de sorcières et curieux de la cour viennent alors visiter l’homme de science lors de ces nuits d’observation. Ainsi, L’oeil de l’astronome non seulement prend des airs de leçon d’Histoire, mais fait également état d’une époque où la superstition, les diverses croyances et théories plongeaient souvent l’Homme dans l’erreur.

Neumann imbrique dans ce récit des témoignages du procès de la mère de Kepler, accusée de sorcellerie. Si, dans les faits, cet événement s’est produit quelques années plus tard, on comprend que le cinéaste cherche à nous imprégner du climat dans lequel Kepler devait faire valoir ses idées, à contre-courant de celles véhiculées par l’Église catholique. Ce choix scénaristique, fort valable, crée toutefois une rupture de ton, tandis que les divers témoins s’adressent directement à la caméra. Ces moments appuient également l’aspect didactique prononcé du long métrage. N’empêche qu’en plus d’avoir le mérite de nous faire part d’un moment-clé de la science, ce film prend des allures de conte philosophique accessible et instructif.

En salle le 19 octobre

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