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Cinéma

Cloud Atlas : 6 x rien

Adaptation pompeuse du best-seller de David Mitchell, Cloud Atlas, de Tom Tykwer, Andy et Lana Wachowski, nous entraîne laborieusement dans six univers où le latex dame le pion à  l’émotion.

De la cale d’un bateau négrier du 19e siècle jusqu’à un Hawaii post-apocalyptique, en passant par le San Francisco des années 70 et l’Angleterre de l’entre-deux-guerres et d’aujourd’hui, sans oublier une Corée du Sud futuriste, Cloud Atlas avance à tâtons dans six récits ayant pour thème la connexion des âmes en laissant pour compte, plus souvent qu’à son tour, le pauvre spectateur.

Écrite et réalisée à six mains par Tom Tykwer (Cours, Lola, cours, Le parfum) et le tandem derrière la trilogie Matrix, Andy et Lana Wachowski, cette grosse soupe indigeste inspirée du roman de David Mitchell – que certains critiques comparent à Tolstoï et à Joyce! – semble sortie de l’imaginaire de L. Ron Hubbard avec ces répliques pompeuses et emphatiques sur la réincarnation et les enjeux du destin.

D’une réalisation sans âme et d’une facture visuelle terne, Cloud Atlas rappelle davantage le navrant Battlefield Earth de Roger Christian et le soporifique The Fountain de Darren Aronofsky que l’épatante trilogie ci-haut mentionnée. De plus, cette bouillie au lourd et insistant parfum de nouvel âge souffre de graves problèmes de ton, passant maladroitement, pour ne pas dire involontairement, du mièvre mélo à la comédie burlesque.

Reste au spectateur le maigre plaisir de repérer derrière les lourds masques de latex, lentilles cornéennes et autres prothèses dentaires les talentueux Tom Hanks, Halle Berry, Jim Sturgess, Doona Bae, Jim Broadbent, James D’Arcy, Hugh Grant et Susan Sarandon. Changeant de sexe, de race ou d’âge selon le récit où ils évoluent, ces derniers n’arrivent pas à susciter la moindre émotion.