Keep the Lights On : Ils s'aiment
Cinéma

Keep the Lights On : Ils s’aiment

Puisant dans ses souvenirs, Ira Sachs signe l’émouvant drame sentimental Keep the Lights On, prix Teddy à la dernière Berlinale.

À la suite d’une rupture, Ira Sachs (Married Life) s’est plongé dans ses souvenirs afin d’y puiser le matériau dramatique de Keep the Lights On, qui ouvrait récemment le festival image + nation. Campé à New York, croquée par l’œil d’un résident fier des richesses de sa ville et non par celui d’un touriste en quête d’exotisme, ce drame sentimental intimiste et naturaliste relate la relation passionnée entre Erik (Thure Lindhardt), documentariste, et Paul (Zachary Booth), avocat.

Le premier étant accro au sexe, et le second, au crack, leur histoire d’amour sera ponctuée de douloureuses ruptures et de torrides réconciliations. Centré sur Paul, qui confiera ses tourments à sa sœur (Paprika Steen), Keep the Lights On touche droit au cœur par sa finesse d’observation, sa justesse d’interprétation. Évoquant par moments Hors les murs de David Lambert par sa façon d’illustrer, dans un savant mélange de sensualité et de pudeur, l’intimité du couple, le drame fait évoluer celui-ci tout doucement pendant 10 ans.

Alors que la puissance de leurs sentiments l’un pour l’autre résiste au temps, Erik et Paul progressent dans des directions opposées. Ce cruel constat, Sachs l’explore avec sensibilité, évitant de verser dans le mélo ou la redite. Tandis que le couple se déchire, se réconcilie, se remet en question, au risque même d’exaspérer le spectateur, ce dernier ne pourra que s’incliner et admettre que Keep the Lights On s’avère un troublant et révélateur miroir des passions humaines.


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