On the Road : Roulez, jeunesse!
Cinéma

On the Road : Roulez, jeunesse!

Après plus de 50 ans d’attente, le roman phare de la Beat Generation, On the Road de Jack Kerouac, prend vie grâce à Walter Salles.

L’attente en valait-elle la peine? Sans être un chef-d’œuvre impérissable, l’adaptation que propose Walter Salles est fidèle à l’esprit du roman, bien qu’elle paraisse par moments trop lisse pour illustrer le mode de vie débridé de l’aspirant écrivain Sal Paradise/Jack Kerouac (Sam Riley, sensible), son pote paumé Dean Moriarty/Neal Cassady (Garrett Hedlund, émouvant) et l’épouse libertine de celui-ci, Marylou/LuAnne Henderson (Kristen Stewart, médiocre).

Ainsi, on aura l’impression, grâce à la direction artistique soignée et à la lumière jaunâtre, que le film, à l’instar du roman de Kerouac, dégage des effluves de sueur, de mari et de whisky. Lors des nuits de beuverie, les mouvements de caméra communiquent l’état d’ivresse des personnages, où l’on rencontre notamment Carlo Marx/Allen Ginsberg (formidable Tom Sturridge). Toutefois, les nuits d’orgie sont montrées assez pudiquement.

Spécialiste du road-movie, rappelez-vous Carnets de voyage sur la jeunesse de Che Guevara, Salles, qui a tourné le périple à travers les États-Unis au Canada et en Argentine, a eu la bonne idée de resserrer le montage après l’accueil plutôt mitigé à Cannes. De cette façon, le rythme du film se rapproche davantage de celui de l’écriture de Kerouac.

Malgré ses qualités, le tout demeure assez anecdotique et la reconstitution d’époque, plus accessoire que signifiante. On regrettera aussi l’aspect épisodique des personnages, dont Old Bull Lee pour lequel Viggo Mortensen imite à la perfection le phrasé si singulier de William S. Burroughs. Face à Riley qui baragouine le français, Marie-Ginette Guay, que l’on voit trop brièvement, incarne avec chaleur Ma Paradise.

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