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Cinéma

La pirogue : Risquer l’exil

Sélectionné dans de nombreux festivals, dont le volet Un certain regard à Cannes en 2012, La pirogue de Moussa Touré a été présenté en première québécoise lundi, durant le Mois de l’histoire des Noirs.

Pour plusieurs Sénégalais, l’avenir semble peu reluisant. La seule issue leur apportant un mince espoir est la traversée de la mer, dans le but d’atteindre l’Espagne. Un périple suicidaire où plusieurs ont péri. Pourtant, une nouvelle pirogue est sur le point de quitter un village de la banlieue de Dakar. Le pêcheur Baye Laye (Souleymane Seye Ndiaye) n’a pas envie de partir, mais il accepte d’être le capitaine de cette embarcation où 30 hommes risquent le tout pour le tout.

S’inspirant d’un phénomène ancré dans la réalité sénégalaise, Moussa Touré transpose le sujet au grand écran sans jamais tomber dans le sensationnalisme. Bien que la périlleuse aventure en mer comporte d’inévitables embûches (tensions, manque de nourriture, tempête), le cinéaste mise essentiellement sur ce que ressentent les passagers. Puisque ceux-ci proviennent de diverses ethnies et religions, la cohabitation s’avère dès lors houleuse.

Ainsi, La pirogue prend des allures de drame psychologique où le climat devient étouffant. Un sentiment de claustrophobie amplifié par la proximité des caméras filmant les acteurs, dont le jeu demeure toutefois trop statique chez certains. En insufflant une certaine lenteur à son film, Touré parvient au final à traduire avec un étonnant réalisme l’attente insoutenable de ces voyageurs confinés les uns aux autres et qui s’accrochent, du mieux qu’ils le peuvent, à la possibilité d’un meilleur sort.

En salle le 8 février

À Excentris, en présence de Moussa Touré le 8 février à 19h.

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