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Cinéma

Les criminelles : Sur l’oreiller

Dans Les criminelles, le cinéaste Jean-Claude Lord s’interroge sur la nudité publique et la prostitution.

À la manière d’un Michael Moore en mode «passons au salon», Jean-Claude Lord se met de l’avant dans le documentaire Les criminelles où il s’intéresse à deux sujets qu’il aurait dû traiter séparément. Ainsi, en s’interrogeant sur la nudité en public et la prostitution, le cinéaste relie les deux sujets plutôt laborieusement et n’offre qu’une réflexion assez sommaire et peu nuancée sur ceux-ci, le second au détriment du premier.

Certes, Lord a su s’entourer d’intervenants pertinents, dont le docteur Réjean Thomas, la sexologue Julie Pelletier et Émilie Laliberté, directrice générale de l’organisme Stella. Qui plus est, le réalisateur, très à l’aise devant la caméra, a créé une complicité avec les travailleuses du sexe, qui se livrent avec chaleur et humour, qu’elles soient masquées ou non. Parmi l’une d’elles se trouve une intruse, l’actrice Julie Prieur, qui incarne la somme de différents cas vécus. Ce procédé artificiel n’apporte pas grand-chose au tout, sinon quelques fausses notes.

Là où le bât blesse, c’est dans le manque de divergence d’opinions. Ainsi, à des lieues de L’imposture d’Ève Lamont ou d’Hommes à louer de Rodrigue Jean, deux documentaires puissants dévoilant les dessous de la prostitution, Les criminelles ne livre qu’une vision heureuse du plus vieux métier du monde, pour ne pas dire glamour – images racoleuses en prime. En voulant faire tomber quelques tabous, Jean-Claude Lord n’a réussi qu’à amplifier de douteux préjugés.

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