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Cinéma

Yan Lanouette Turgeon / Roche papier ciseaux : Les jeux sont faits

Film d’ouverture des 31es Rendez-vous du cinéma québécois, Roche papier ciseaux de Yan Lanouette Turgeon est un premier long métrage qui embrasse les genres comme on en voit trop rarement au Québec.

Entre comédie noire, drame et polar, ce récit où les destinées de trois hommes se croisent le soir d’une éclipse lunaire s’avère une œuvre dont le langage cinématographique est imprégné de nombreux codes issus du cinéma de genre. Ainsi, Yan Lanouette Turgeon se réfère à l’univers des frères Coen dont il est un grand fan, mais cite également Amores Perros d’Alejandro González Iñárritu comme l’une des principales sources d’inspiration ayant mené à Roche papier ciseaux.

«Quand on parle du cinéma de genre comme tel, je dirais que nous avons toujours eu du mal à catégoriser notre film. À un certain moment, le terme “fable noire” est apparu. Ça collait parfaitement au récit, qui correspond à certains codes du thriller, mais surtout parce qu’il relève du fabuleux et qu’il émane du hasard. Le coscénariste André Gulluni et moi tenions aussi à ce qu’on retrouve une petite touche de lumière à travers tout ça. Peut-être parce que nos courts-métrages ont toujours été très sombres», renchérit Lanouette Turgeon.

La structure narrative décousue, tout comme certains thèmes musicaux signés Ramachandra Borcar, ramène aux films de Tarantino, un effet clairement désiré. D’ailleurs, le réalisateur mise beaucoup sur l’aspect musical. «Je suis du genre à me dire: tant qu’à mettre de la musique, allons-y à fond la caisse! La partition écrite par Ram se voulait donc référentielle, tout en conservant une couleur propre au film.»

En plus de la trame originale, le cinéaste utilise notamment un extrait de la Pavane de Gabriel Fauré, faisant d’un événement-clé une séquence riche en émotions. «C’est la première fois qu’on me parle de la Pavane. Je suis content! Cette musique m’a suivi pendant les huit années de création. Pour moi, elle collait au personnage de Lorenzo. Quand j’ai vu cette scène pour la première fois, c’est venu me chercher», confie-t-il, encore ému.

Lorenzo, c’est ce vieil Italien incarné par le touchant Remo Girone, un des principaux personnages de Roche papier ciseaux. Grande star en Italie, l’acteur émérite fait partie d’une distribution dont le réalisateur ne pouvait espérer mieux. «Quand je regardais mon tableau de casting, je me pinçais et je n’en revenais pas, tellement ça correspondait à ce que j’imaginais. Dans le cas de Remo auditionné en France, j’avais des frissons quand il a fait l’essai devant la caméra. L’équipe était unanime, c’était Lorenzo.»

D’autres visages, moins connus, se trouvent également aux côtés des Roy Dupuis, Roger Léger et Fanny Mallette. Il y a le Français Frédéric Chau, mais aussi le rappeur Samian, étonnant dans le rôle de Boucane, un autochtone qui désire tenter sa chance à Montréal. Ce choix comportait certains risques, mais pour le metteur en scène, ce rôle lui revenait. «On aurait pu se tromper, mais ce gars est tellement à l’aise qu’on était en business. Sa présence à l’écran est hallucinante!» conclut Yan Lanouette Turgeon. 

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