Ne manquez rien avec l’infolettre.
Cinéma

Superstar : Mon nom est personne

Dans Superstar, de Xavier Giannoli, Kad Merad incarne un homme ordinaire qui devient du jour au lendemain une célébrité.

Dans To Rome with Love, de Woody Allen, tourné six mois après Superstar, de Xavier Giannoli (Quand j’étais chanteur, À l’origine), Roberto Benigni interprétait un homme sans histoire qui devenait célèbre sans savoir pourquoi. Malgré le jeu de Benigni, qui s’y démenait comme un diable dans l’eau bénite, l’intrigue se révélait l’un des éléments les plus faibles du film tant Allen ne savait qu’en faire. Ce triste constat vaut autant pour le film de Xavier Giannoli, qui démarre pourtant sur les chapeaux de roues.

Porté par le talentueux et charismatique Kad Merad, Superstar met en scène un ouvrier modeste qui ne comprend pas pourquoi, un bon matin, des badauds le prennent en photo et le poursuivent dans le métro. Devenu une célébrité instantanée sans avoir participé à un quelconque concours ou téléréalité, l’homme tombe dans la mire d’une ambitieuse journaliste télé (Cécile de France, éteinte), qui tentera d’abord de l’exploiter, à la demande du producteur (Louis-Do de Lencquesaing, crédible), puis de le protéger.

Alors que Giannoli entretient savamment le mystère autour des raisons de cette célébrité non souhaitée et crée une atmosphère anxiogène, Superstar captive d’emblée l’attention. Tandis que se dessine à l’horizon une critique acerbe du désir de vedettariat et de la voracité des médias, le film perd toutefois des plumes. De fait, à la mi-temps du récit, le réalisateur, qui s’est inspiré librement du roman L’idole de Serge Joncour, ne semble savoir que faire des personnages caricaturaux qu’il a créés et ne parvient pas à livrer une conclusion qui soit aussi forte et surprenante que la prémisse.

En salle le 8 mars