La dette : La vérité sur mon père
Cinéma

La dette : La vérité sur mon père

La dette de Rafael Lewandowski explore les relations père-fils au cœur d’une Pologne mouvementée.

Le 13 décembre 1981, le syndicat polonais Solidarność est dissous et l’état de guerre est déclaré en Pologne. Le 16 décembre, à Katowice, la mine Wujek, en grève, perd neuf mineurs, tués par les forces spéciales de la milice polonaise, encore sous l’égide soviétique. Trente ans plus tard, La dette de Rafael Lewandowski se pose en observateur de la nouvelle Pologne, démocratique, certes, mais constamment confrontée à son passé. Alors que s’ouvre un nouveau procès sur les événements de 1981, l’un des leaders de Solidarność, Zygmunt (Marian Dziedziel, sobre et émouvant), est montré du doigt lors des audiences, et les rumeurs circulent quant à son allégeance.

Menant une vie tranquille avec son fils Pawel (Borys Szyc, inégal), la femme de ce dernier, Ewa (Magdalena Czerwińska, sans âme) – aussi fille d’un des mineurs tués pendant la grève –, et leur fils, Zygmunt garde le silence à l’annonce de sa traîtrise, et se réfugie chez son cousin, en France. Pawel tentera de dénicher des preuves de l’innocence de son père, mais Grabek (Wojciech Pszoniak, effrayant et sournois), un ancien officier des services de sécurité du régime communiste, après avoir blanchi Zygmunt au procès, révélera une vérité tout autre.

Si Lewandowski dispose d’un sujet politique riche, forçant le questionnement et la prise de conscience, c’est quand le film aborde les relations humaines qu’il devient difficile d’y croire. La relation père-fils mise à nu et la recherche de la vérité enveloppée dans les machinations communistes laissent croire qu’un thriller psychologique s’imposera. C’est pourtant vers le simple drame que Lewandowski se tourne, et il empêche ainsi le spectateur de se positionner dans l’histoire, de s’approprier le passé et le présent des protagonistes, et de la Pologne. Souffrant de longueurs, La dette ne parvient pas à imposer son rythme et vogue sur un scénario bancal.