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No : Le bonheur est dans la pub
Cinéma

No : Le bonheur est dans la pub

No, de Pablo Larraín, fait revivre la campagne publicitaire qui mit fin à la dictature de Pinochet en 1988. 

Quinze ans après le coup d’État du 11 septembre 1973, lequel avait renversé le président socialiste Allende, le dictateur Augusto Pinochet proposa au peuple chilien un référendum sur sa présidence. Afin de mettre un terme à son régime sanglant, le camp opposé engagea un dynamique publicitaire, René Saavedra (Gael García Bernal, excellent), pour concevoir la campagne du Non. À la dictature de Pinochet, Saavedra imposera la dictature de l’image à l’aide d’une campagne joyeuse et haute en couleur.

L’image est d’ailleurs l’élément le plus remarquable dans No de Pablo Larraín (l’abrasif et percutant Tony Manero) qui, par souci d’authenticité, a tourné avec quatre caméras des années 1980. Certes, la rétine risque d’être heurtée par ces couleurs criardes s’éclaboussant parfois les unes les autres, cette lumière tour à tour terne puis aveuglante. Peu à peu, l’œil s’habitue à ce retour au format VHS, et lorsque le réalisateur intercale des images d’archives, le résultat s’apparente à un fascinant documentaire sur une page d’histoire sombre du Chili.

Bien que l’on connaisse les résultats du référendum, No n’en demeure pas moins un drame politique haletant dont la tension va en grandissant alors que ce héros en skate se forge une conscience politique. Si les scènes avec son ex-femme et son fils (Antonia Zegers, fougueuse, et Pascal Montero, juste) plombent le rythme vif de No, dès qu’apparaît le patron de René (impeccable Alfredo Castro, acteur fétiche de Larraín), militant du camp du Oui, l’atmosphère se fait dense et glaciale et le danger ambiant, presque palpable.

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