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Cinéma

Ginger & Rosa : Bombe à retardement

Dans Ginger & Rosa, Sally Potter fait revivre le Londres des années 1960 à travers le regard d’une jeune poète en devenir.

Non sans rappeler dans une certaine mesure The Dreamers de Bertolucci et Emporte-moi de Léa Pool, la Britannique Sally Potter explore le passage à l’âge adulte du point de vue de Ginger (Elle Fanning), adolescente dont la relation avec sa meilleure amie Rosa (Alice Englert) s’effrite dans un contexte historique tumultueux où sévit la menace d’une attaque nucléaire.

Campé dans le Londres de 1962 durant la crise des missiles à Cuba, Ginger & Rosa est sans doute l’œuvre la plus traditionnelle écrite et réalisée par Potter. Ce récit d’amitié doublé d’un drame familial ne revêt toutefois pas une vision singulière. Empreint de nostalgie, le long métrage suggère une suite d’événements romancés au possible où tout paraît idéalisé, le beau comme le laid. Dans cet esprit, l’univers de la rouquine Ginger, issue d’une famille d’artistes, est si typé qu’il peut finir par agacer. Si le film est très agréable à observer (gracieuseté d’une superbe direction photo de Robbie Ryan), les irritants susmentionnés créent une distance, alors que le parallèle entre ce que vit la poète en devenir et un monde qui peut s’écrouler à tout instant devrait faire tout le contraire.

Heureusement, Potter sait s’entourer d’acteurs compétents, qui parviennent à faire preuve de retenue tandis que la caméra capte leur visage de très près la majeure partie du temps. Outre le talent d’Elle Fanning dont on ne doutait point, ainsi qu’une présence remarquée d’Alice Englert (dégageant une attitude rebelle similaire à celle de Charlotte Gainsbourg à l’époque de La petite voleuse), Alessandro Nivola se défend avec éloquence.

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