Ne manquez rien avec l’infolettre.
Cinéma

La cicatrice : Victimes

Premier long métrage de fiction de Jimmy Larouche, La cicatrice nous plonge sans détour dans les dommages et les dérives que peut provoquer l’intimidation.

Ne pouvant plus approcher sa femme et son fils, Richard (Marc Béland, intense), homme ayant sombré dans l’alcool, entreprend de se venger de son principal tourmenteur durant sa jeunesse, Paul (Patrick Goyette, solide), homme arrogant à qui tout semble avoir réussi, qu’il tient responsable de ses échecs.

Évoquant en parallèle l’enfance difficile de ces deux hommes, l’un victime d’un père autoritaire (Normand D’Amour), l’autre abandonné par sa mère, Jimmy Larouche transforme une cruelle confrontation en une prenante suite de scènes teintées de lyrisme, où le passé rejoint le présent.

Drame sombre et troublant tourné à Alma et porté par l’enveloppante musique de Jorane, La cicatrice évoque le cinéma naturaliste d’Europe de l’Est par sa lenteur, son esthétique et son souci du détail. Ainsi Larouche privilégie-t-il un élément semblant anodin par rapport à la cruelle plaisanterie de jeunesse élaborée par Paul, telle l’absence d’une description dans un journal de finissants, pour illustrer la douleur de vivre et l’humiliation de Richard.

À d’autres moments, le réalisateur se tourne efficacement vers le fantastique pour traduire le cauchemar perpétuel que vit Richard, notamment dans la scène chez le psychologue (Sébastien Ricard) où des traînées de boue couvrent tout sur leur passage.

Les scènes les plus fortes s’avèrent celles où Jimmy Larouche, fortement secondé par le directeur photo Glauco Bermudez, laisse parler les lieux et les paysages à l’aide de plans larges où toute la solitude et la détresse du personnage central s’expriment, créant ainsi une distance entre le spectateur et le douloureux spectacle qui s’y joue.

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie