Pierre de patience : Le combat d'une femme
Cinéma

Pierre de patience : Le combat d’une femme

Poursuivant sa réflexion sur la psyché féminine, l’écrivain afghan Atiq Rahimi donne vie à son roman Syngué sabour – Pierre de patience.

Une légende perse veut que quiconque confie ses secrets à une syngué sabour (pierre de patience) se voie libéré lorsque celle-ci éclate après les avoir absorbés. Plongé dans le coma à la suite d’une blessure par balle, un homme (Hamidreza Jaftan) devient ainsi le confident de sa femme (Golshifteh Farahani) qui en a lourd sur la conscience.

Si l’idée d’écouter un long soliloque peut en rebuter certains, on se laisse prendre très tôt par ces confessions, à travers lesquelles se devine la rage contenue d’une femme bafouée, que souffle l’envoûtante voix de l’émouvante actrice iranienne.

Alors que les coups de feu se font entendre au loin, cette voix féminine brise le lourd silence et livre des secrets révoltants pour une société où la femme est assujettie à son père, à son mari et à son dieu. Ayant confié leurs filles à sa tante tenancière d’une maison close (Hassina Burgan), elle s’émancipera au contact d’un jeune soldat maladroit (Massi Mrowat).

Huis clos campé à Kaboul en temps de guerre, ce deuxième long métrage du romancier Atiq Rahimi (Terre et cendres), scénarisé avec Jean-Claude Carrière, repose sur une atmosphère tour à tour tendue et paisible d’où émane une sensualité de plus en plus envahissante. Ponctué de scènes illustrant sans fard les horreurs de la guerre, ce drame de mœurs intimiste bénéficie de la photographie de Thierry Arbogast (un habitué du cinéma de Besson!) dont les vibrantes couleurs traduisent la volonté de vie de cette fière battante.