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Cinéma

Voyez comme ils dansent : Hasards et coïncidences

Tourné en grande partie au Canada, Voyez comme ils dansent, avant-dernier film du regretté Claude Miller, ne mène nulle part.

Il est bien triste que Voyez comme ils dansent prenne l’affiche quelques mois après la sortie sur nos écrans de Thérèse Desqueyroux, dernière réalisation de Claude Miller lancée à Cannes l’an dernier peu après son décès. En effet, cet opus évoquant les artifices d’un mauvais Lelouch souffre grandement de la comparaison avec les œuvres inspirées auxquelles nous avait habitués Miller (Mortelle randonnée, L’effrontée, La classe de neige…). En inversant ainsi la sortie des deux films, la filmographie du cinéaste paraît se terminer sur une fausse note.

Librement inspiré de La petite-fille de Menno de Roy Parvin et de Trois femmes puissantes de Marie NDiaye, Voyez comme ils dansent met en scène une vidéaste française (Marina Hands, laissée à elle-même) qui tourne un documentaire sur le train traversant le Canada. Autour d’elle gravite un employé des chemins de fer princier (Yves Jacques, cabotinant allègrement) qui illumine cette laborieuse traversée des grands espaces.

Une tempête de neige empêchant le train d’avancer, la vidéaste, enrhumée, profite d’un arrêt en Saskatchewan pour appeler une médecin mohawk (Maya Sansa, habitée) vivant dans le coin – euh, c’est pas les Cris plutôt qui vivent par là? La raison de cette rencontre? Toutes deux ont aimé un flamboyant artiste de scène (James Thierrée, exaspérant électron libre) ayant mystérieusement disparu.

Ce n’est pas d’hier que les coproductions franco-canadiennes laissent à désirer. Rappelez-vous la décevante adaptation des Fous de Bassan d’Anne Hébert par Yves Simoneau ou, bien pis encore, le navrant Bonheur de Pierre de Robert Ménard. Avec ses acteurs québécois jouant des Français (Anne-Marie Cadieux, Benoît Brière et Aubert Pallascio) ou confinés à de trop courtes scènes (Normand D’Amour et Jean-François Pichette), Voyez comme ils dansent n’échappe malheureusement pas à la règle.

Non seulement cette réflexion superficielle et brouillonne sur l’amour, l’engagement et la filiation s’embarrasse d’allers-retours dans le temps, elle offre en plus une vision naïve et idéalisée du Canada. Alors que les personnages, antipathiques et sans âme, se perdent dans le décor, Miller livre une ennuyante série de cartes postales doublée d’une plate infopub d’une compagnie de chemins de fer canadienne. Une curiosité pour fans endurcis.

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