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Cinéma

The Lone Ranger : La chevauchée fantastique

Apparu en radio-feuilleton en 1933, The Lone Ranger s’avère un octogénaire bien fringant dirigé par la bride de Gore Verbinski.

Au moment où les super-héros pulvérisent le box-office nord-américain sans effort, la renaissance au grand écran d’un cow-boy assoiffé de justice et de son ami amérindien semble faire figure d’anachronisme. Ce bon vieux Superman a bien soufflé 75 chandelles cette année, me diriez-vous. En effet, sauf que ce dernier a tout de même passé moins de temps aux oubliettes que le personnage créé par Frank Striker dans les années 1930.

De la radio au jeu vidéo, en passant par le roman, la télé et le cinéma, ce justicier masqué a connu différentes incarnations et a vu son étoile pâlir au fil des décennies. Toutefois, The Lone Ranger bénéficie d’un retour plus marquant que son petit-neveu The Green Hornet il y a deux ans sous la direction de Michel Gondry. De fait, il y a fort à parier que la mouture de Gore Verbinski, qui le dépoussière tout en respectant son essence, plaise à une nouvelle horde de spectateurs. Du moins, devrait-elle satisfaire les fans du capitaine Jack Sparrow, flamboyante star de la lucrative franchise Pirates of the Caribbean

Racontées du point de vue d’un Tonto quasi pétrifié (Johnny Depp, qui reprend les tics d’un Edward Scissorhands en mode léthargique), les aventures de John Reid alias The Lone Ranger (Armie Hammer, qui réussit à ne pas se faire éclipser par Depp) adoptent un mode cartoonesque qui évoque Lucky Luke et le Wild Wild West de Barry Sonnenfeld plutôt que les westerns crépusculaires à la Sam Peckinpah.

Laissé pour mort à la suite d’une embuscade tendue par le hors-la-loi Butch Cavendish (William Fichtner, carnassier), Reid est secouru par Tonto qui l’incite à devenir un justicier masqué afin de venger la mort de son frère et de leurs coéquipiers. Au cours de ses péripéties rocambolesques, concoctées par Justin Haythe (Revolutionary Road, Snitch), Ted Elliott et Terry Rossio (tous deux responsables des aventures de Sparrow), Reid croisera la jolie veuve de son frère (Ruth Wilson, décorative), un ambitieux magnat des chemins de fer (Tom Wilkinson, imposant) et une tenancière de maison close (Helena Bonham Carter, burtonesque).

Alors que Verbinski en met plein la vue avec sa mise en scène ample, où se déploie la majesté aride des paysages de Monument Valley, et que s’enchaînent de spectaculaires chevauchées, on réalise très tôt que le récit est assez secondaire et ses enjeux, accessoires. La maigre teneur en protéines du scénario ne l’empêche toutefois pas d’étirer la sauce et, du coup, l’élastique de la patience du spectateur. Tandis que les uns se prennent à rêver de galoper en compagnie de Tonto et sa bande, les autres pensent plutôt à filer à l’anglaise.

Fort heureusement, Verbinski nous réserve une finale palpitante qui rend hommage à environ tout ce qui s’est fait en matière de poursuites en train et à cheval dans l’histoire du cinéma. Indissociable du Lone Ranger depuis toujours, la victorieuse Ouverture de Guillaume Tell de Rossini y est certainement pour beaucoup dans cette trépidante conclusion, laquelle laisse croire que ce n’est qu’un au revoir.

En salle le 3 juillet

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