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Only God Forgives : Mère indigne
Cinéma

Only God Forgives : Mère indigne

Avec Only God Forgives, Nicolas Winding Refn confirme une fois de plus qu’il est un fabuleux metteur en scène pour qui l’apparence dame le pion à la substance.

Deux ans après avoir raflé le Prix de la mise en scène à Cannes pour Drive, hypnotique et violent croisement entre le road movie et le thriller porté par l’imperturbable Ryan Gosling, Nicolas Winding Refn (la trilogie Pusher) en mettait plein la vue aux festivaliers avec le superbe Only God Forgives. Toutefois, le scénario de vengeance sur lequel repose cet envoutant objet de beauté est d’une telle bêtise abyssale que plus d’un spectateur montra avec éclat son mécontentement.

Se terrant à Bangkok 10 ans après avoir commis un meurtre, Julian (Gosling, apathique), trafiquant de drogues américain dirigeant un club de boxe thaï, se voit contraint par sa mère (Kristin Scott Thomas, tonique), à la tête d’une organisation criminelle, de venger la mort de son frère aîné (Tom Burke, convaincant). Ayant assassiné une prostituée mineure, ce dernier a été abattu par le père de la victime. Au cours de ses périples nocturnes, Julian croisera Chang (Vithaya Pansringarm, imposant), policier à la retraite surnommé l’Ange de la vengeance, qui voudrait bien bouter hors de sa ville la racaille qui y prolifère.

Encore plus stylisé que les précédents films de Refn, Only God Forgives évoque par la magnificence de ses éclairages, où dominent les bleus et les rouges, le cinéma de Wong Kar-wai. Riche d’une atmosphère cauchemardesque où chaque personnage se déplace comme un somnambule, ce récit de vengeance tissé de violence n’est pas sans rappeler l’univers de David Lynch.

Alors que défilent les somptueux tableaux, le prodigieux metteur en scène prouve de plus belle qu’il a peu à raconter. Aurait-il eu une panne d’inspiration en cours d’écriture? Soporifique, peu consistant, le scénario comprend toutefois quelques répliques particulièrement incisives, notamment celles que balance sans pitié le personnage de Kristin Scott Thomas, qui se livre à une déroutante réflexion sur la taille du membre de ses fils. À l’avenir, Refn devrait songer à engager un scénariste ou à devenir directeur photo.

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