Ne manquez rien avec l’infolettre quotidienne.
Cinéma

The World’s End : Tournée générale!

Avec The World’s End, Simon Pegg et Edgar Wright concluent de façon sympathique la “trilogie” de films entamée par Shaun Of The Dead.

À l’image de leurs carrières respectives (Simon Pegg multiplie les collaborations à des franchises de la trempe de Mission: Impossible et Star Trek alors qu’Edgar Wright se joint au carillon de réalisateurs transposant l’univers des BD Marvel au grand écran avec Ant-Man qui devrait paraître en 2015), les personnages dépeints par le duo dans l’ultime épisode de cette trilogie sont, eux aussi, à la croisée des chemins. Si le tandem s’est distingué auprès du public de plus en plus large en rendant hommage au cinéma de genre (horreur pour Shaun Of The Dead, films d’action policiers pour Hot Fuzz, science-fiction pour The World’s End), le lien en commun entre ce triptyque va au-delà de l’apparition de friandises glacées et repose davantage sur l’exploration de la relation entre l’individu et la communauté.

Les individus, dans ce cas-ci, sont Gary King (Pegg, en forme, bien qu’un peu trop charismatique pour ce personnage), un “ado” dans la quarantaine qui, à la recherche de sa gloire d’antan, recrute ses amis d’enfance pour terminer une tournée des pubs de leur patelin entamée il y a des années. Bien que les amis vivent maintenant des vies rangées, les blessures de l’époque feront surface au gré des pintes. Nick Frost (qui interprète Andrew, un bonhomme sérieux qui cache en lui un redoutable combattant) et Eddie Marsan (attendrissant dans le rôle de Peter) s’avèrent particulièrement touchants dans ce domaine alors que Rosamund Pike surprend en Sam, soeur d’Oliver (Martin Freeman, sympathique, mais sous-utilisé) et béguin de Gary et Steven (Paddy Considine, correct, sans plus). Si l’actrice s’est fait connaître en jouant des vamps ou encore des bourgeoises, son timing comique – exploité que trop rarement – complète bien cet équipage ô combien masculin.

Au-delà de cette fable houblonnée sur l’amitié et les dangers de la nostalgie (trame sonore à l’appui!) plane une invasion d’extraterrestres – la communauté en question – qui a choisi la petite ville de Newton Haven comme point d’amarrage. Au fil des pubs et des rencontres avec ces entités, ces mousquetaires enchaîneront découvertes et empoignades. Ces dernières s’avèrent particulièrement étonnantes. En faisant appel à nouveau à Brad Allen (chorégraphe de combat pour Scott Pilgrim vs. The World), Wright s’est assuré de livrer des scènes d’action amusantes, mais aussi convaincantes (Frost y brille tout particulièrement alors qu’une bagarre où Pegg tente également de terminer son verre devrait plaire aux fans de la série de films de kung-fu Drunken Master de Jackie Chan, ancien employeur d’Allen, d’ailleurs).

Bien que le scénario est riche en échanges savoureux et en références aux classiques de la science-fiction (Invasion Of The Body Snatchers en tête), The World’s End souffre malheureusement d’un troisième acte un brin brouillon alors que la course vers le dernier pub, la résolution des conflits au sein de la bande et le dénouement de l’intrigue principale s’entrechoquent. L’ultime épisode de la fameuse trilogie Cornetto demeure tout de même une comédie d’action efficace et, surtout, hilarante. Sobre ou pas.

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie