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Cinéma

En clôture du FFM: Adore : Amours interdites

Retenue en Normandie où elle tourne Gemma Bovary, Anne Fontaine brillera par son absence lors de la projection d’Adore, film de clôture du FFM.

Lil et Roz (Naomi Watts et Robin Wright) se connaissent depuis leur plus tendre enfance, toujours là l’une pour l’autre, dans les heureux comme les malheureux moments. Coulant des jours tranquilles dans leurs somptueuses résidences face à la mer, les deux superbes quadragénaires connaîtront un destin plus houleux lorsque Roz ne repoussera pas les avances de Ian (Xavier Samuel), fils de Lil, et que cette dernière succombera à son tour au charme de Tom (James Frecheville), fils de Roz.

Adaptation du roman The Grandmothers de Doris Lessing, ce premier long métrage tourné en anglais d’Anne Fontaine a pour titre en France Perfect Mothers, tandis qu’en Australie, aux États-Unis et ici, il s’intitule… Adore.

«Pourquoi? Ce n’est pas mon choix, s’exclame la réalisatrice au bout du fil. Les distributeurs américains et australiens ne voulaient pas pour leur public le mot grand-mère dans le titre. On a discuté assez longtemps et ils ont opté pour quelque chose de métaphysique exprimant le sentiment particulier qui unit les quatre personnages. J’ai beaucoup bataillé pour que ce soit Two Mothers parce qu’il y a une ironie. On a fait des propositions et on a travaillé de concert. C’est la première fois que ça m’arrive, mais en même temps, c’est la première fois que je tourne un film anglo-saxon un peu sulfureux.»

Sulfureux? Disons plutôt sensuel… Le film a beau comporter plusieurs scènes à caractère sexuel, Adore, qui a tout de même choqué la communauté mormone lors de son passage à Sundance, mise plutôt sur la tendresse et les sentiments troubles qui unissent les mères et les fils.

«C’est assez rare une histoire d’amour à quatre et comme c’est une histoire vraie, c’est assez étonnant, reconnaît Anne Fontaine. Quand Naomi Watts a vu arriver le rôle, elle m’a dit qu’on ne trouvait plus ça à son âge dans le cinéma américain. Elle a eu le coup de foudre pour le scénario. Je trouvais qu’il fallait provoquer le désir sur elles, puisqu’on est à la place de garçons de 18 ans. Robin Wright a tout de même 47 ans!»

Afin que son film suscite le désir plutôt que le dégoût, l’empathie plutôt que le jugement, Anne Fontaine a volontairement rajeuni les personnages féminins: «Il y a quelque chose de touchant dans cette histoire qui est en sorte comme la prolongation du sentiment amoureux entre Lil et Roz qu’elles perpétuent d’une certaine façon à travers la relation avec le fils de l’autre. Il y avait quelque chose sur l’idée d’arrêter le temps qui passe tout en sachant que l’idylle pouvait s’arrêter à tout moment. Il y a cette chose chimérique qui ne pourra pas durer, mais elles ont cette force d’aller dans cette relation périlleuse sans jugement. On peut rentrer dans cette histoire, car c’est permis. Il n’y pas cet élément qui fait que vous détruisez la vie de quelqu’un. Ce n’est pas frontal non plus. Elles sont comme des frères et des sœurs, pratiquement de la même famille.»

Le 2 septembre, à 19h, au Cinéma Impérial. En salle le 6 septembre.

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