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Pierrette Robitaille / Vic + Flo ont vu un ours : Un cœur simple
Cinéma

Pierrette Robitaille / Vic + Flo ont vu un ours : Un cœur simple

Grâce à Denis Côté, Pierrette Robitaille a trouvé dans Vic + Flo ont vu un ours, gagnant de l’Ours d’argent à Berlin, l’un des plus beaux rôles de sa carrière. 

Présenté en compétition officielle à la 63e Berlinale où il n’est certainement pas passé inaperçu, Vic + Flo ont vu un ours de Denis Côté flirte habilement avec le drame naturaliste, le film de vengeance, le film de genre, le surnaturel, le conte et le romantisme. Avant toute chose, cet hybride où Côté prend plaisir à «tordre le réel», pour reprendre ses propos tenus à Berlin, raconte les tendres retrouvailles de Vic (Pierrette Robitaille) et Flo (Romane Bohringer), deux ex-détenues s’étant installées en forêt près d’une cabane à sucre, sous le regard bienveillant de leur agent de probation (Marc-André Grondin). Mais comme dans tout bon conte qui se respecte, il n’est jamais conseillé aux dames de se promener dans les bois, surtout quand le grand méchant loup prend le visage d’une cruelle femme assoiffée de vengeance (Marie Brassard).

«Bien qu’il soit plusieurs choses à la fois, Vic + Flo ont vu un ours pourrait être un film d’amour, avance Pierre Robitaille. Même si l’homosexualité semble plus assumée chez Victoria que chez Florence, on sent qu’elles s’aiment beaucoup. Elles sont dans la misère, elles ont peur. Quand Vic dit à Flo qu’elle est sa sécurité, ce n’est pas rien. Je crois qu’il n’y a rien de plus menaçant pour les gens qui sortent de prison que le passé qui les rattrape.»

À travers les propos de l’actrice, on ressent toute l’empathie ressentie pour son personnage et tout le respect qu’elle porte au cinéaste: «La condition des gens qui sortent de prison est épouvantable. Souvent les gens nous demandent ce qu’a fait Vic, mais si on le disait, ils porteraient un jugement sur elle, se demanderaient s’ils doivent l’aimer ou non. Les spectateurs la prennent donc où elle est rendue et du fait qu’elle sort de prison, ils la jugent déjà. Ce qui me plaisait dans le scénario de Denis, c’est qu’il montre que cette femme-là éprouve des sentiments, qu’elle n’a pas un grand avenir devant elle en raison de son âge, qu’elle a misé sa vie sur cet amour-là.»

N’ayant jamais eu le physique de la jeune première romantique, Pierrette Robitaille a souvent été confinée dans des rôles comiques, tant au cinéma, au théâtre qu’à la télévision. Or, chez Denis Côté, l’actrice révèle une beauté, une sensualité et une vulnérabilité qu’elle n’avait jamais encore pu exploiter.

«Denis est intransigeant. Il sait ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas. Des fois, je proposais instinctivement des choses, mais ça ne passait jamais. Il dirigeait de façon très technique et rien ne dépassait ce qu’il voulait. Disons que c’était dur pour la spontanéité. Je n’ai pas senti qu’il voulait casser mon image et je n’ai pas eu à le faire. La sensibilité du personnage, sa fragilité, sa souffrance, même son humour, tout ça partait de moi et il n’aurait pu l’obtenir autrement.»

«J’ai eu l’impression de me voir telle que j’étais, conclut-elle. Parfois, je me trouvais grosse, mal habillée, mais je me suis dit que c’était moi. J’ai été vraiment touchée qu’on me trouve belle dans ce film-là. N’étant pas une beauté, j’en ai entendu de toutes les couleurs sur mon physique. Et là, tout à coup, j’ai réussi à m’accepter plus en tant que femme et… actrice.»

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