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Cinéma

Rush : Course contre le cliché

Sans consacrer le cinéma de course, Rush de Ron Howard demeure un drame semibiographique efficace.

Si Raging Bull de Martin Scorsese (1980) est le standard du film de boxe et Chariots Of Fire de Hugh Hudson (1981) demeure une référence en ce qui concerne l’athlétisme, la course automobile n’a toujours pas trouvé son film fédérateur. Days Of Thunder de Tony Scott (1990) était sympathique, bien sûr, mais la chimie – devant et derrière la caméra – entre Nicole Kidman et Tom Cruise a coiffé le sujet principal au fil d’arrivée. Et que dire de plus sur le soporifique Driven (2001) réalisé par Renny Harlin et mettant en vedette Sylvester Stallone qui a également coscénarisé ce navet? Bref, Rush de Ron Howard se glisse dans un genre aux attentes très basses. Heureusement, non seulement l’oeuvre répond à celles-ci, mais les dépasse.

Pour faire vite: Rush porte sur la rivalité à laquelle les pilotes de course James Hunt (Chris Hemsworth, correct) et Niki Lauda (Daniel Brühl, surprenant) se livraient au cours des années 1970. Le premier est un playboy aussi insouciant que casse-cou; le second est froid, calculateur et casse-couille. Récit biographique ou pas, on vous laisse deviner la suite. Mais malgré quelques lieux communs («C’est lorsqu’on court vers la mort qu’on se sent le plus en vie» et autres citations du genre) ainsi que l’utilisation de tropes maintes fois ressassés (leur concurrence aura un impact à l’extérieur de la piste en plus de permettre d’en apprendre davantage sur l’autre ainsi qu’eux-mêmes), le délicieux duel d’acteurs entre Hemsworth et Brühl sauve Rush de la fosse du film sportif interchangeable et de la saga biographique insipide.

Soulignons aussi la réalisation très sobre de Ron Howard (surtout lorsqu’on compare Rush à ses autres adaptations de faits vécus comme Appolo 13 et Cinderella Man) et, tout particulièrement, la vision du directeur photo Anthony Dod Mantle (qui a également déposé sa griffe sur Slumdog Millionaire de Danny Boyle et Antichrist de Lars von Trier, notamment) qui insuffle une petite touche «documentaire» à certains cadrages qui n’est pas inintéressante. Oh, et pour répondre à la question à 100$: oui, les scènes de courses sont enlevantes, bien que trop rares.

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