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Cinéma

Conte du Mile End : La quête inachevée

Avec Conte du Mile End, Jean-François Lesage signe son premier documentaire dans sa langue maternelle et se penche sur la thématique de l’amour et plus encore, sur l’infidélité.

Tourné en 50 nuits, dans le quartier artistique et multiculturel montréalais qu’est le Mile End, le long métrage documentaire de Jean-François Lesage s’ouvre tout d’abord sur une scène de rupture. Cette séparation difficile entre un jeune homme et une jeune femme dictera le parcours du premier, au travers son quartier, à la recherche d’une réponse à ses questions. «Qu’est-ce que l’amour?», «Qu’est-ce que la fidélité?», «Pourquoi l’infidélité?» et tant d’autres questionnements ponctuent sa recherche, sa quête.

Au fil des rencontres et des nuits, Severyan Dyakonov – dont le nom n’est connu qu’au générique, les protagonistes demeurant anonymes tout au long du documentaire – flirte avec son quartier, avec les résidents de celui-ci et avec ses amis, avec qui il s’interroge. Ouvert à l’aventure pour mener à bien son enquête qui tient parfois plutôt de la flânerie, le principal intéressé nous guide – sans mots, pratiquement – dans notre propre réflexion sur l’amour, cette source intarissable de questionnements et révélations.

On reverra son amoureuse échaudée, Daria Dyakonova, au fil du long métrage, réapparaissant de temps à autre pour marquer l’évolution post-relation dont la source ne s’est pas tarie.

Entre les jeux d’ombres et de lumières de la nuit montréalaise, les bruits rassurants du Mile End, les lieux qu’on devine communs (Nouveau Palais, Royal Phoenix, Centre Clark, etc.), se dessine une simple tentative de compréhension de l’amour et de l’infidélité. Entre amitié et attirance physique, amour fou et temporaire, le Conte du Mile End de Jean-François Lesage se présente comme une brèche dans le temps, un moment de réflexion nécessaire à notre propre compréhension de ce qui nous touche tous.

Si quelques scènes auraient pu être resserées ou carrément retirées pour tendre plutôt vers le moyen métrage, les scènes musicales qui entrecoupent les discussions – parfois redondantes – sont particulièrement bien utilisées. On y croise alors Charlotte Cornfield, Allyson Reight, Meta Gruau – qui signe aussi la bande sonore du film – et Jason Stew, au fil des rues et des nuits. Avec ce beau portrait disparate, on saisit l’essence du quartier, de ses résidents et des problématiques qui marquent leur parcours; somme toute, celui de tout un chacun.

Du 6 au 12 décembre au Cinéma Excentris

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