Jingle Bell Rocks : Sortir du placard de Noël
Cinéma

Jingle Bell Rocks : Sortir du placard de Noël

Le réalisateur montréalais Mitchell Kezin signe un premier documentaire épatant, Jingle Bell Rocks, et ce, malgré un sujet dont on a mille fois vidé la question: les controversées chansons de Noël. 

Que vous les détestiez ou non, on a tous un rapport spécial aux chansons de Noël qui ont bercé notre enfance. Noël est une fête de tradition et ce ne serait pas la même chose sans mon vieux disque de Casse-noisettes légué par mes parents à mon départ du nid familial. Pour le réalisateur Mitchell Kezin, la musique de Noël est une obsession. Un genre à traiter avec respect qui s’écoute à longueur d’année. Il a mis du temps à l’avouer publiquement, mais le mélomane collectionne carrément les albums de Noël. «Ce n’est pas quelque chose dont on souhaite se vanter, je suis resté longtemps dans le Christmas closet» explique-t-il dans son premier documentaire, Jingle Bell Rocks, un road movie dans lequel il part à la recherche de disques rares et de collectionneurs qui ont la même passion que lui, dont Wayne Coyne des Flaming Lips.

Si tous les intervenants s’entendent pour dire qu’il n’y a rien de plus mauvais qu’un album de Noël découlant d’une simple volonté mercantile (ndlr: ils sont facilement repérables), leur amour pour le genre les a menés vers de petits bijoux de chansons enregistrées à Baltimore dans les années 1970 (Santa Claus is a Black Man d’Akim et Teddy Vann), lors de la guerre du Vietnam (Christmas In Vietnam de Charles Bowens), dans un studio de New York aux odeurs de pot (Christmas In Hollis de Run DMC) ou même lors d’une session avec le grand Miles (Blue Xmas (To Whom It May Concern)). Mitchell Kezin arrive de surcroît à remonter jusqu’aux chanteurs et musiciens qui ont participé à l’enregistrement de ces pièces soul, folk, rap et jazz.

À travers les anecdotes, les souvenirs et l’analyse d’un genre musical mal aimé, Jingle Bell Rocks nous imbibe de la magie des fêtes grâce à sa trame sonore sans faute de goût et, surtout, grâce à la candeur de Mitchell Kezin, qui a conservé son regard de gamin, et ce, même lorsque les disquaires se marrent de sa gueule, lui pointant, en plein mois de juin, la caisse d’albums de Noël usagés planquée au fond du magasin.

À l’affiche au Cinéma Du Parc (Montréal), au Cinéma Cartier (Québec) et au Cinéma Paraloeil à Rimouski (le 19 décembre en séance spéciale).