Out of the Furnace : Chaleur humaine
Cinéma

Out of the Furnace : Chaleur humaine

Dans son deuxième long métrage, Out of the Furnace, Scott Cooper propose un voyage très gris dans un petite ville de la Pennsylvanie où deux frères se mêlent malencontreusement des affaires d’un violent trafiquant de drogue.

Out of the Furnace s’inscrit dans la lignée de ces films américains campés en ruralité ou dans une ville en déclin où les habitants ont peu d’issues. Les personnages bûchent pour gagner leur pain, les relations interpersonnelles sont complexes et au final, la dure réalité finit toujours par les rattraper. Devant ce genre de film très gris (ou pour utiliser un terme anglais plus juste: gritty), on pense aussi au très bon Winter’s Bone de Debra Granik, où l’on découvrait Jennifer Lawrence.

Dans la petite ville de Pennsylvanie imaginée par Scott Cooper (Crazy Heart) et son co-scénariste Brad Ingelsby, on rencontre Russell Baze (Christian Bale, solide), honnête homme fraîchement sorti de prison qui travaille fort à l’usine pour payer les dettes de son frère Rodney (Casey Affleck, convaincant), récemment revenu de l’Irak. Lorsque le vulnérable Rodney disparaît après s’être mêlé à des combats de boxe avec des hommes assoifés de violence résidant dans les montagnes du village voisin, Russell, dont le père est décédé des suites d’un cancer et dont la copine (Zoe Seldana) l’a plaqué pour le chef de police (Forest Whitaker), fera tout pour retrouver ce qu’il lui reste de cher dans sa vie, son frère.

À partir de ce moment, on suit Russell en pente descendante. La tension est de plus en plus étouffante et Russell, n’ayant plus rien à perdre, traquera le terrifiant Harlan DeGroat (Woody Harrelson, correct, mais caricatural). Moins réussi que le récent Prisoners de Denis Villeneuve, où un homme pourchassait le kidnappeur de sa fille, Out of the Furnance frappe toutefois le même coup sûr: c’est dur, c’est lourd, c’est gris, mais le réalisateur maintient le ton jusqu’à la toute fin.

Out of the Furnace aurait pu s’essoufler, mais grâce au très bon jeu des acteurs dans quelques scènes profondément humaines – comme lorsque l’ex de Russell lui apprend qu’elle est enceinte du sherif et qu’il pleure en lui disant qu’il est heureux pour elle ou lorsque Rodney explique à son frère qu’il ne sera plus jamais le même après avoir vu des choses troublantes en Irak – le film garde bien le cap.


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