Michel Poulette / Maïna : La jeune fille et les loups
Cinéma

Michel Poulette / Maïna : La jeune fille et les loups

Adaptation du roman de Dominique Demers, Maïna de Michel Poulette traite de la peur de l’autre dans un film rempli d’amour et d’aventure. 

Depuis quelques années, le réalisateur et producteur québécois Michel Poulette (Louis 19, Le roi des ondes, La conciergerie) tenait à une adaptation de Maïna de Dominique Demers, roman publié en 1997, comme à la prunelle de ses yeux. C’est avec une fierté évidente qu’il signe pour le grand écran cette histoire d’amour campée dans le Grand Nord avant l’arrivée des Européens, d’après un scénario de Pierre Billon.

«Démarrer un projet, c’est un peu comme tomber en amour: tu ne sais jamais combien de temps ça va durer ou combien de temps ça va s’installer comme il le faut. Dans ce cas-là, je suis tombé en amour il y a huit ans et on vient de le finir», a-t-il admis en entrevue.

Dans Maïna, une jeune femme fougueuse (Roseanne Supernault), fille d’un grand chef innu, devra défier sa peur de l’autre lorsqu’elle sera kidnappée par un groupe d’Inuits. Elle tombera amoureuse d’un de ceux-ci, Natak (Ippellie Ootoova), mais devra jongler entre l’idée de retrouver les siens ou encore d’apprendre les traditions inuits afin d’être acceptée parmi eux.

Exploration nordique

À la suite d’une croisière révélatrice où il est allé à la rencontre de communautés du Grand Nord, Michel Poulette s’est entouré d’anthropologues, de lecteurs au scénario, puis de consultants sur le plateau  comme Joséphine Bacon et Natar Ungalaaq, acteur inuit connu pour son travail dans le célébré Atanarjuat, The Fast Runner – afin de bien rendre justice aux traditions et à la culture des peuples innus et inuits.

«Pour la première scène du film, par exemple, un anthropologue m’a dit: « Maïna ne peut pas tuer un loup puisque son clan s’appelle les Presque Loups. » Mais puisque mon intention était de montrer que c’est une femme qui fait des choses qu’elle n’est pas censée faire, j’ai dit: « Et si le loup a la rage? » Il m’a répondu: « Ah, oui, elle peut le tuer si c’est pour l’aider, pour mettre fin à son mal ». Alors c’est comme ça qu’on est partis avec le scénario de Pierre Billon. Si on se trompait, on retravaillait.»

Exactement ça

Réalisateur polyvalent ayant autant baigné dans l’humour (Rock et belles oreilles) que dans le drame biographique (Bonanno: A Godfather’s Story), Michel Poulette est plutôt humble quand il parle de ses presque 30 ans de carrière et dit avoir eu la chance de travailler avec des personnes talentueuses. 

Il raconte être tombé amoureux du cinéma grâce à un cours de civilisation grecque au cégep de Joliette avec un prof hors pair, Claude Blouin, spécialiste du cinéma japonais et écrivain. À cette époque, Michel Poulette découvre Les Bérets verts de John Wayne et La prière du soldat de Masaki Kobayashi.

«J’écoutais ça et ça m’a ouvert les yeux. Tous ces films avaient beaucoup de nouveautés: la façon de traiter les éléments, le fait que la trame narrative ne suivait pas nécessairement le courant, que le film s’opposait à des idées reçues, etc. Quand j’ai annoncé que je partais tourner Maïna, Claude Blouin m’a envoyé un message en disant: « Je pense que pour une fois, tu t’en vas faire le film que t’as toujours voulu faire. » Et c’est exactement ça.»

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