La garde : Les mâles
Cinéma

La garde : Les mâles

La garde de Sylvain Archambault relate une partie de chasse entre un homme et son fils qui tourne au drame.

Écrit par Ian Lauzon, Daniel Diaz et Ludovic HuotLa garde de Sylvain Archambault (Les Lavigueur, la vraie histoirePiché: entre ciel et terre) traite du thème délicat du désespoir d’un père privé de la garde de son fils. Or, hormis quelques scènes d’une belle vérité, la délicatesse n’est pas souvent au rendez-vous dans ce drame familial que le réalisateur dédie à son père. À travers une scène au premier tiers, où un homme (Stéphane Breton) confie avoir préféré au sien le bonheur de sa fille qu’il n’a pas vue depuis des années, se devine tout le potentiel qu’avaient entre les mains Archambault et ses complices, qui ont préféré prendre un tout autre chemin. Mal leur en prit.

Cinq ans après sa séparation, un homme (Paul Doucet) n’a pas le droit d’approcher son ex-femme (Sandrine Bisson) ni son fils de 15 ans (Antoine L’Écuyer, révélation de C’est pas moi, je le jure! de Philippe Falardeau) sous peine de se retrouver derrière les barreaux. Afin de se rapprocher de son fils, il kidnappe celui-ci afin de l’emmener à la chasse. La rencontre forcée dans ce chalet au cœur de la forêt ne se fera pas sans heurt.

Défendant avec justesse des personnages peu loquaces et porteurs de sentiments contradictoires, Doucet et L’Écuyer traduisent toute la complexité dont sont pétris ces hommes imaginés par les scénaristes. Pourquoi alors faire basculer le tout dans le vulgaire film de survie? Non pas que le genre ne soit pas noble, Deliverance de John Boorman en est un fort bel exemple, mais la tournure que prend La garde n’a rien d’admirable ni de mémorable.

De fait, des escapades en forêt entre hommes ou des scènes de chasse entre père et fils dans le cinéma québécois, il y en a eu de plus fortes et de plus émouvantes – La bête lumineuse de Pierre Perrault, Un zoo la nuit de Jean-Claude Lauzon et Camion de Rafaël Ouellet, ça vous dit quelque chose? Certes, Archambault a su créer une tension qu’il maintient jusqu’à la fin, tirant profit du cadre naturel aussi beau qu’hostile, marquant le temps par ces plans de sommets qui s’enneigent graduellement. Alors qu’il se concentre sur l’aspect survie, il néglige l’aspect psychologique. En résulte un film décevant qui ne remplit pas ses promesses tant du côté du drame familial que du côté du drame de survie.


Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie