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X-Men : Days Of Future Past : Le futur imparfait
Cinéma

X-Men : Days Of Future Past : Le futur imparfait

Bien que satisfaisant, le très attendu Days Of The Future Past fait malheureusement plus «épisode charnière» que «saga» en soi.

Les défis de taille étaient légion pour cette nouvelle transposition des aventures des X-Men au grand écran. En plus d’adapter Days Of Future Past — une intrigue incroyablement célébrée par les fans de la série —, l’équipe de production voulait également réunir le casting des deux séries de films: celle du désormais controversé Bryan Singer (partie en couille lors de The Last Stand, un troisième film qui a finalement été confié au tâcheron Brett Ratner) et celle de Matthew Vaugh (qui, avec First Class, offrait un antépisode qui s’est avéré plutôt intéressant en entremêlant lieux communs très BD et histoire contemporaine).

Bien que la brochette d’interprètes est incroyablement alléchante, l’adaptation — elle — demeure en deçà des attentes.

L’intrigue en bref : dans un futur rapproché, le genre humain est menacé par les Sentinelles — des robots destinés à éradiquer la menace mutante, mais qui s’en prendront finalement autant à l’homo sapiens qu’à l’homo supérieur —, les X-Men envoient Wolverine (Hugh Jackman, en grande forme) en voyage temporel et astral dans les années 1970 afin de convaincre ses partenaires de l’époque d’enrayer le point de départ menant à cet avenir dystopique.

Le périple temporel va même jusqu’à s’appliquer au style et au ton. Ainsi, le volet post-apocalyptique demeure très près de ses racines ancrées dans le neuvième art, mais aussi dans les «balbutiements» de ce renouveau dans le cinéma de superhéros du début des années 2000. Le volet seventies, lui, prend davantage de libertés, voire de risques, avec les personnages, mais aussi le ton de l’œuvre et les références (en plus de susciter l’assassinat de Kennedy, on s’offre un clin d’œil stylistique au fameux film amateur de Zapruder).

Bien que la compétition est forte — c’est quand même un film qui réunit autant Ellen Page (Kitty Pride) que Peter Dinklage (Bolivar Trask) en passant par Jennifer Lawrence (Mystique) et Ian McKellen (Magneto)! —, Hugh Jackman se distingue tout de même du lot et s’amuse ferme avec cette septième incarnation de Wolverine particulièrement pince-sans-rire. Il est secondé de près par l’efficace James McAvoy (Charles Xavier) et Evan Peters (Quicksilver), sûrement la révélation du film. Ce trio amène une certaine légèreté dynamisant une intrigue — déjà grave — qui aurait croulé sous le pathos autrement. De l’autre côté du spectre, Michael Fassbender est délicieusement cruel dans ce deuxième tour de piste sous le casque de Magneto.

Là où Days Of Future Past déçoit, en fait, c’est dans son calibrage.

Comme le film ne mise que sur une poignée de héros, les inconditionnels risquent d’être déçus d’y voir certains personnages chouchous — pourtant bien impliqués dans le conflit — rétrogradés au rang de seconds violons, voire de figurants. C’est le cas, notamment, de Storm (Halle Berry), Rogue (Anna Paquin) et tout particulièrement Bishop (Omar Sy) qu’on introduit ici, sans approfondir son histoire, malgré toute l’importance du personnage dans l’univers des X-Men. Idem pour Bolivar Trask, vilain de service, dont les motivations demeureront nébuleuses.

Bien que Days Of The Future Past demeure un divertissement inégal, certes, mais quand même agréable, on ne peut s’empêcher de quitter la salle de projection avec la vague impression que cet épisode — pourtant marquant de la BD X-Men — aura davantage servi ici de charnière combinant les deux séries filmiques distinctes en une seule, scène post-générique à l’appui.

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