Tracks : Traversée dans le vide
Cinéma

Tracks : Traversée dans le vide

Tracks est basé sur le fameux reportage du même nom publié dans le National Geographic en 1977. Jeune intrépide vingtenaire, Robyn Davidson y décrivait sa traversée du désert dans l’ouest de l’Australie.

Dès le début de cette adaptation de John Curran (We Don’t Live Anymore, The Painted Veil), on ne perd pas de temps. Robyn (Mia Wasikowska, convaincante) a un but très précis: parcourir le désert – d’Alice Springs jusqu’à ce qu’elle atteigne l’océan à l’ouest – accompagnée seulement de ses quatre chameaux et de son fidèle chien. Le film suit donc les traces (duh!) de la jeune femme à travers ses longues semaines dans la nature australienne.

Tracks est un très beau film, gracieuseté des plans larges des fabuleux paysages entourant Robyn tout au long de son voyage, mais qui, somme toute, manque de profondeur. Puisque le film débute plutôt abruptement, on en sait très peu sur notre jolie protagoniste. Les quelques flashbacks de sa jeunesse et le moment où elle finit par s’ouvrir à Rick Smolan (Adam Driver; photographe qui lui rend visite sur la route de temps en temps) ne suffisent malheureusement pas à notre compréhension de Robyn. Bref, il n’y a tout simplement pas assez de développement psychologique du personnage principal pour qu’on s’attache réellement à elle. Toutefois, on comprend à travers sa quête toute la force d’esprit de cette femme. 

Donnons aussi des étoiles à l’interprétation de Mia Wasikowska, jeune actrice très talentueuse repérée dans The Kids Are All Right, devenue la Alice de Tim Burton dans Alice in Wonderland et qui prouve ici qu’elle peut bien tenir un film sur ses épaules. Pour sa part, Adam Driver, qu’on voit de plus en plus souvent à l’écran depuis qu’il fait partie de la distribution de la série américaine Girls, joue encore une fois le rôle d’un charmant weirdo, mais il est sous-utilisé et on n’arrive pas à percer le mystère de cet homme qui entre et sort de la vie de Robyn comme bon lui semble.

Les voyages forment la jeunesse, comme le dit le proverbe. Nul doute que cette traversée du désert a été déterminante dans la vie de Robyn Davidson, mais on y trouve difficilement son compte avec cette adaptation.