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Cinéma

Les Profs : En retenue!

Accueilli tièdement l’année dernière lors de sa parution sur les écrans en France, la comédie Les Profs n’obtient pas la note de passage au Québec.

Alors que le lycée Jules-Ferry se retrouve au bas de la liste des établissements scolaires en France avec son maigre 12% de réussite, celui-ci risque également une fermeture prochaine s’il n’atteint pas au moins le plateau des 50% d’ici la fin de l’année. Après avoir engagé le meilleur personnel possible pour enseigner aux finissants, l’inspecteur académique propose une idée saugrenue pour redresser la situation: là où la crème professorale a échoué, la lie pourrait se distinguer. D’où le recrutement de sept pédagogues aux méthodes et caractères particuliers.

Adaptation de la série BD du même nom, Les Profs — le film — est piloté par Pierre-François Martin-Laval qui signe le scénario en plus de réaliser et d’interpréter Antoine Polochon, professeur d’histoire empoté. Ainsi, peut-être que la multiplication des rôles de Martin-Laval — qui en est ici à sa troisième réalisation — fait en sorte que Les Profs est une œuvre cruellement inégale.

Si l’interprétation des pédagogues est sympathique (Isabelle Nanty, institutrice de mathématiques vindicative, et Christian Clavier, en doctorant ès excuses pour ne pas enseigner, brillent tout particulièrement), le jeu des acteurs est toutefois miné par un script à l’intrigue simpliste, au rythme pantouflard et aux gags qui tombent souvent à plat). Du côté des élèves, la distribution est aussi attachante que convaincante… jusqu’à ce qu’on aborde le cas de l’humoriste et coqueluche web Kev Adams qui incarne Boulard, dernier rejeton d’une famille de cancres fiers d’être recalés.

Véritable trou noir du comique, la plupart des vannes d’Adams — déjà beiges — manquent la cible lorsqu’elles ne sont pas carrément agressantes. Malgré une feuille de route de plus en plus surprenante, Adams s’avère être — à ce jour — un comédien au registre incroyablement limité, suscitant ici bon nombre de personnages canoniques du cinéma américain des années 1980 (pensez à Spicoli de Fast Times At Ridgemont High, voire à Bender du Breakfast Club) sans jamais leur arriver à la cheville. Pour l’originalité, on repassera. Pour les rires itou, en fait.

Les Profs ne relève toutefois pas du bide. Sa direction photo inventive et son montage parfois éclaté agrémentent le tout en plus de renvoyer aux origines BD du projet. Raymond Bouchard, s’en tire également la tête haute tant son personnage de philosophe québécois évite les clichés «tabarnaco-caribous» que certains cinéastes et humoristes français mal informés nous prêtent encore et toujours, malheureusement.

Une question demeure, par contre. Qui est le public cible de Les Profs? Bien que la série BD soit adorée d’un lectorat plutôt jeune, l’œuvre n’est pas destinée aux enfants et repose sur un humour gamin qui fera à peine sourire les cinéphiles plus âgés. Mince consolation: les enseignants québécois pourraient apprécier, tant certaines scènes politiquement incorrectes pourraient tenir du fantasme pour eux (le mitraillage d’une classe à la craie, par exemple).

En salle le 13 juin

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