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Cinéma

The Double : L’Enfer, c’est l’autre

Avec The Double, Richard Ayoade livre autant une adaptation intéressante de la nouvelle de Dostoïevski qu’un thriller comique tenant de l’ovni.

Dans cette relecture du classique littéraire — signée par Richard Ayoade et Avi KorineJesse Eisenberg (en grande forme) incarne Simon James, un individu incroyablement quelconque, à la merci d’une diégèse particulièrement dystopique. Constamment rudoyé et ignoré par sa mère ainsi que la plupart des employés de l’entreprise où il travaille, ce lourdaud timide sera soudainement talonné par James Simons, un homme au visage identique, mais au caractère opposé qui s’immiscera petit à petit dans la vie professionnelle et personnelle du premier.

Déjà que le récit original servait de métaphore remarquable aux périls de la société, de la bureaucratie et de la quête identitaire, Ayoade y annexe une bonne dose d’inquiétante étrangeté avec une réalisation quasi anti-cinématographique: montage aux coupes franches, à la trame sonore reposant essentiellement sur de la pop nippone (!) ainsi que des ambiances créées à l’aide de bruits du quotidien exacerbés et des éclairages et décors sollicitant le théâtre. À ces soucis techniques s’ajoute une intrigue vaporeuse qui, en refusant de prendre le cinéphile par la main, fait en sorte qu’elle redouble d’efficacité tout en permettant à l’œuvre de demeurer ouverte à moult lectures.

Bien que cette comédie noire suscite la douce folie de Terry Gilliam (tout particulièrement Brazil) et les univers glauques affectionnés par David Fincher (Fight Club, notamment), The Double demeure une œuvre aussi unique que personnelle.

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