Ne manquez rien avec l’infolettre.
Cinéma

The Skeleton Twins : Porte de sortie

Avec The Skeleton Twins, Craig Johnson invite Bill Hader et Kristen Wiig à perdre leurs repères.

Deux jumeaux qui n’ont pas eu de contact depuis dix ans se retrouvent dans de tristes circonstances. Ils tenteront de reconnecter et de retrouver la complicité de leur jeunesse, tout en étant confrontés à leurs propres démons amoureux, familiaux et existentiels.

Si le film s’ouvre sur une scène dramatique, alors que l’acteur raté Milo (Bill Hader, en contrôle) et sa soeur Maggie (Kristen Wiig, toujours juste) tentent quasi simultanément de s’enlever la vie, le long métrage de Craig Johnson ne surfe pas uniquement sur le drame. Bien que le suicide et la mort rôdent constamment et font partie intégrante du quotidien – les événements se déroulent autour de l’Halloween, le père des jumeaux s’est lui aussi suicidé, Maggie et Milo arborent tous deux des tatouages de squelettes, des relations amoureuses s’éteignent, etc. -, The Skeleton Twins intègre aisément ces enjeux – peut-être même trop facilement, parfois -, rappelant leur présence dans la vie des jumeaux et le tabou qui les entoure.

La complicité de Hader et Wiig est palpable, autant dans le drame que la comédie – une scène dans le bureau où Maggie travaille, de même qu’un lip-sync sur «Nothing’s Gonna Stop Us Now» de Starship, sont assez mémorables. On les savait comiques, ayant partagé l’écran et la scène à Saturday Night Live pendant quelques temps, mais les deux comédiens jouent habilement aussi l’incertitude et le doute, la perte, la solitude, la dépression et bien plus.

Dans ce que l’on aurait pu croire être un contre-emploi – Kristen Wiig flirte souvent avec le drame dans ses récentes prestations, sans jamais y aller à fond -, les deux acteurs réussissent à inclure le spectateur dans la complicité renouvelée de leurs personnages et leurs problématiques étouffantes.

La direction photo signée Reed Morano est aussi à noter, avec ses retours en arrière au focus flou, les images colorées d’un automne dans une petite ville de l’état de New York, l’Halloween qui se décline sous toutes ses formes. De son côté, Craig Johnson n’axe pas uniquement sa réalisation sur les deux protagonistes, consacrant ainsi aussi le talent dramatique de Ty Burrell (Modern Family) qui endosse le rôle de l’ingrat ex-professeur d’anglais de Milo et, bien sûr, Luke Wilson (The Royal Tennenbaums, Anchorman) en époux hyper sympa et naïf.

Enfin, on y croit et on est touché par le jeu des deux comiques principaux, tristes et malheureux. Il semble même que le propos en est décuplé, alors que l’image du clown triste nous revient constamment en tête. Du beau travail de casting pour dégoter d’excellents acteurs qui ont joué un coup de dés avec ce drame réussi.

En salle le 26 septembre

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie