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Festival du nouveau cinéma 2015

FNC / Jaco Van Dormael / Le Tout Nouveau Testament : Dieu est une femme

Pour lancer ses festivités, le FNC a choisi un film fantaisiste et optimiste du Bruxellois Jaco Van Dormael. Dans Le Tout Nouveau Testament, Dieu vit à Bruxelles mais le pouvoir se déplace dans les mains de sa charmante fillette en quête de nouveaux apôtres dans la grisaille belge.

C’est un optimiste, Jaco Van Dormael, et un homme qui croit encore au pouvoir de la tendresse et de la beauté. Absent du cinéma depuis son dernier film Mr. Nobody en 2009, il a profité de cette éclipse pour faire du théâtre et créer le succès Kiss and Cry avec Michèle Anne De Mey: un spectacle féérique qui utilise le cinéma en direct pour raconter l’amour, filmant des figurines emportées par le vent et de délicates chorégraphies de doigts. La pièce tourne partout depuis 2012, émerveillant les publics européens et nord-américains (l’Usine C propose d’ailleurs cette saison Cold Blood, une nouvelle création de nanodanse du duo belge). Les procédés de Kiss and Cry sont d’ailleurs transposés adroitement au cinéma dans Le Tout Nouveau Testament. Tantôt une forêt de conifères se révèle sous son vrai jour (simples jouets feuillus déposés sur une couverture verte); tantôt un Jésus de chair et d’os se rigidifie pour devenir statuette, et ainsi de suite, dans un film aux cadrages étudiés et à la lumière irradiante.

«Je veux que ce film soit propice à l’émerveillement, dit Jaco Van Dormael. C’est un film dans lequel se produisent doucement des petits miracles, et ils se produisent autant dans le récit que dans la manière de raconter. Je m’émerveille moi-même beaucoup devant des boîtes de carton que la caméra arrive à faire voir sous de nouveaux aspects ou devant un parterre de petites figurines qui évoquent un monde humain fourmillant. J’ai fait un film dans lequel on redevient des enfants, dans lequel se développent des histoires d’amour improbables, et dans lequel tous s’opposent farouchement aux désastres du monde.»

Le fantaisiste et atypique scénario coécrit avec Thomas Gunzig imagine en premier lieu que Dieu existe, qu’il est exécrable et qu’il vit à Bruxelles dans un appartement fermé au monde, duquel on ne peut sortir que par la cavité de la machine à laver. C’est par là que s’enfuira la petite Ea (Pili Groyne), après avoir lancé par SMS les dates prévues de décès de l’humanité entière. Onde de choc: maintenant que tous connaissent l’issue de leur vie, ils peuvent enfin en faire ce qu’ils veulent, s’interroger sur ce qui les intéresse vraiment en ce bas monde et faire naître le devenir qui les anime. C’est un film sur l’apprivoisement de la mort, qui pose la question: «Que faites-vous de votre vie?»

La réponse viendra en six variantes, à travers les portraits de six personnages que la petite Ea rencontrera pour en faire ses apôtres. D’Aurélie, la manchote, jusqu’à Willy, le garçon qui voulait être une fille, Le Tout Nouveau Testament affine les portraits de personnalités décalées et mélancoliques, sur fond musical inspiré et omniprésent.

Dieu (Benoît Poelvoorde) y est vil, mais sa fille et sa femme (Yolande Moreau) vont peu à peu réparer son gâchis – ce film affirme en quelque sorte que le monde irait mieux si Dieu était une femme. «C’est en tout cas, rigole Jaco Van Dormael, un film qui cherche à redonner au féminin la place qui lui revient dans l’imagerie religieuse. Comme une sorte de juste retour des choses.»

 

En ouverture du Festival du Nouveau Cinéma (FNC) le 7 octobre à l’auditorium Alumni H-110 (Université Concordia).

 

En salle le 9 octobre.

 

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