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Cinéma

Hunger games – La révolte : Dernière partie : Lawrence s’en-va-t-en guerre

Art de la guerre, propagande et stratégie des combats occupent la dernière partie de la quadrilogie Hunger games. Avec La 5ème vague et Allégeance, programmés pour 2016, on constate une certaine tendance chez les films pour ados à représenter la jeunesse comme de plus en plus belliqueuse…  

Dans ce dernier volet de Hunger Games – La Révolte, adapté des romans de Suzanne Collins et divisé en deux parties par les studios afin de maximiser les profits, Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) dirige les rebelles qui, armés jusqu’aux dents, n’ont qu’une idée en tête: rejoindre le Capitole pour tuer le Président Snow (Donald Sutherland).

«Guerre», «attaques» et «ennemis» sont les mots les plus prononcés durant les deux heures et plus que dure cet ultime épisode pour le moins cruel. 

Le film de Francis Lawrence n’y peut rien mais il débarque dans un climat socio-politique mondial irrespirable, qui a redoublé de violence depuis les attentats de Paris. Voir cette jeunesse prendre les armes, lâcher des bombes et disserter sur les conflits moraux des guerres (comme le massacre des civils) a quelque chose de vraiment glaçant. Cela confirme aussi une chose: Hunger Games est certainement la saga pour adolescents reflétant le mieux (ou avec le plus de réalisme) des problématiques inhérentes au monde actuel: entre autres, les dérives de la télé réalité, les inégalités sociales, ou encore les deuils et contradictions des temps de guerre. 

Effie Trinkett (Elizabeth Banks), Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) and Haymitch Abernathy (Woody Harrelson)
Effie Trinkett (Elizabeth Banks), Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) and Haymitch Abernathy (Woody Harrelson)

Le film s’inscrit au coeur d’une tendance notable, soit la représentation, dans les films d’ados, d’une jeune génération qui n’hésite plus à se sacrifier sur le champ de bataille. C’est par exemple le cas d’Allégeance, le prochain épisode de la série Divergente ou encore celui de La 5ème vague de J Blakeson où la jeune héroïne, Chloë Grace Moretz, part se battre contre les aliens afin de sauver son frère. Sept ans après la sortie en salles de l’adaptation du plus optimiste Twilight, où c’est le fantastique qui permettait en premier lieu d’aborder les peurs, réalités et interrogations du jeune public, il semblerait que la tendance soit désormais au pur film de guerre, ce que n’étaient pas non plus complètement les films Harry Potter, malgré le tournant plus sombre pris avec Alfonso Cuaron, puis David Yates.  

Bien qu’il soit trop tôt pour prendre du recul sur le phénomène, il est certain que des ombres plus puissantes qu’auparavant planent sur ces jeunes adultes – les morts, les ténèbres, les ruines. Au milieu de tout cela, il est normal que le (plus léger) triangle amoureux entre Katniss, Peeta (Josh Hutcherson) et Gale (Liam Hemsworth) fasse pâle figure. Ce sont les séquences qui utilisent à leur avantage ce côté obscur qui sont donc les plus réussies, on pense notamment à toute la partie sous terre où le cinéaste Francis Lawrence (sans lien de parenté avec Jennifer) affirme à nouveau, après Je suis une légende et Constantine, son goût pour les bestioles carnivores et les aspects démoniaques tapis chez l’Homme. 

Enfin, impossible de ne pas penser au décès de l’acteur Philip Seymour Hoffman intervenu durant le tournage, et dont le personnage Plutarch Heavensbeese contentera d’une lettre envoyée à Katniss: «I wish I could have given you a proper goodbye», écrit-il. Encore une fois, le réel et la fiction se mêlent étrangement dans une atmosphère cafardeuse, qui entre longueurs et bavardages, laisse à voir un monde aussi triste qu’impitoyable. C’est assez déprimant. Et c’est probablement l’époque qui veut ça. 

Présentement en salle.

 

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