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Cinéma

In the heart of the sea : La survie des hommes

Narrant la genèse de l’écriture du roman Moby Dick, l’américain Ron Howard explore aussi bien les thématiques développées par Melville que ses propres obsessions de cinéaste.

Ron Howard aime filmer des hommes qui tentent de survivre, que ce soit face à un environnement hostile (Apollo 13), à eux-mêmes (Un homme d’exception) ou à une bataille engagée contre leurs rivaux (The Cinderella Man, Rush, Frost/Nixon). Au coeur de l’océan n’échappe ainsi pas à la règle, narrant le duel puis la survie en mer de deux capitaines forcés de coopérer, Owen Chase (Chris Hemsworth) et George Pollard (Benjamin Walker), l’un fils de paysan et l’autre descendant d’aristocrate. Le naufrage en 1820 de leur baleinier “Essex”, ainsi que leur combat contre un monstre marin impitoyable au large des côtes de l’Amérique du Sud auraient inspiré l’écrivain Herman Melville dans l’écriture de son roman Moby Dick. Moins que les origines de ce classique de la littérature, ce sont avant tout les relations masculines ainsi que leurs dynamiques, alimentées par l’orgueil, la lutte des classes, le rapport père/fils ou encore celui maître/élève, qui intéressent Howard.

Chris Hemsworth et Benjamin Walker / Warner Bros
Chris Hemsworth et Benjamin Walker / Warner Bros

Cette fascination pour les liens entre hommes se ressent jusqu’à sa façon de filmer ses héros : plus intimiste, privilégiant les zooms sur les visages et une caméra mouvante qui vise l’immersion, Au coeur de l’océan se veut moins grandiose que Master and Commander de Peter Weir et moins efficace qu’En pleine tempête de Wolfgang Petersen, deux autres blockbusters à mettre en scène des hommes face à l’immensité des mers. Howard, finalement, se rapproche des atmosphères et thématiques melviniennes que sont la volonté de domination de l’homme sur l’animal et une nature indomptables, son rapport avec Dieu, l’amitié, la mort, la survie.

Divisé en deux temps, d’abord les affrontements avec les baleines, nécessaires pour dérober leur huile, puis le pur survival, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’histoire de dérive en mer et de cannibalisme de la peinture Le Radeau de la Méduse de Géricault, le film d’Howard offre une belle imagerie sur le thème de la mer, et ce malgré des effets numériques bizarrement ratés.

Warner Bros
Warner Bros

Du naufrage à la tempête, en passant par l’île déserte et les merveilles des profondeurs, Au coeur de l’océan réserve quelques moments mémorables : une descente rouge et puante dans les entrailles encore chaudes de la Bête, une séquence filmée du ciel qui montre l’ogre vengeur attaquant les trois minuscules barques vulnérables, ou encore l’impressionnant amaigrissement de ces corps humains perdus en mer. Trois rappels de la petitesse de l’Homme, fragile et impuissant face aux abysses et autres mystères de la Nature.

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