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Cinéma

La 5e vague : Sauver l’humanité

Dans la famille « adaptation d’un roman pour adolescents », La 5ème vague, dépourvu de la puissante noirceur des Hunger Games et de l’efficacité du Labyrinthe, n’arrive à la cheville d’aucun de ses modèles.

Après La disparition d’Alice Creed, un polar britannique mineur mais sympathique, il est plutôt étonnant de trouver J Blakeson aux commandes d’une énième adaptation de roman pour adolescents (ici, la trilogie littéraire de Rick Yancey). Espérant probablement relancer une carrière cinématographique au point mort depuis plus de six ans en profitant de la mode lancée par les Hunger Games et autres Labyrinthe, Blakeson échoue à rendre crédible à l’écran cette honorable histoire d’invasion extraterrestre qui présente d’emblée la jeune Cassie Sullivan (Chloë Grace Moretz, plutôt moyenne) arme à la main dans une forêt, tentant de retrouver son petit frère envoyé dans une base militaire. Sa vie d’avant, ainsi que toute la société, s’est écroulée en quatre temps : quatre vagues de cataclysmes meurtriers, du tremblement de terre au tsunami.

Sony Pictures Classics
Sony Pictures Classics

Destiné à un public bien plus jeune que les films précités, c’est à dire davantage les 10-12 ans que les 16-20 ans, La 5ème Vague ne s’embarrasse d’aucun souci de réalisme, ou de profondeur, en matière d’imagerie de « fin du monde ». Le spectateur venu chercher un semblant de critique sociale ou de seconde lecture métaphorique sera également bien déçu puisque l’édulcoration des thématiques et des péripéties ne laisse rien passer de sanglant, de dérangeant ou de violent. L’argument politique tient en une ligne : l’espèce humaine, qui détruit froidement et depuis toujours toutes les espèces, se voit détruite à son tour. L’argument mélodramatique aussi : seul notre espoir nous différencie des aliens et pourra nous sauver. Même la saga Twilight, dont le triangle amoureux était plus ludique qu’ici, renseignait avec un peu plus de mélancolie et de justesse sur le zeitgeist adolescent.

Toutes les analogies font preuve de la même maladresse, à l’image de cet avant/après vécu par la jeune fille et symbolisé naïvement par l’ours en peluche d’un côté (l’innocence) et l’arme de l’autre (le monde adulte). On a connu les films pour ados plus inspirés (Divergent inclus).

Sony Pictures Classics
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Finalement, le long métrage de Blakeson, n’offre rien de bien excitant non plus côté mise en scène, qui emprunte quelques visuels à la série The Walking dead (comme ces voitures entassées sur l’autoroute) et aux films catastrophes habituels avec leurs eaux furieuses qui dévastent les villes. Bien qu’ils incarnent des rôles de méchants très limités, on savourera tout de même la présence de Maria Bello, Liev Schreiber et Maika Monroe, jeune actrice prometteuse que l’on aurait aimé voir négocier avec plus de soin son après It Follows.

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