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Cinéma

Allegeance : Explorer l’espace

Comme les Harry Potter, Hunger Games et Twilight avant lui, le dernier tome de la saga Divergent, signé Veronica Roth, est divisé en deux parties à l’écran. Dans le cas de Tris et ses amis, qui s’aventurent ici au-delà du mur entourant un Chicago ravagé, il s’agit d’une bonne nouvelle.

Après un épisode 2 résolument orienté vers l’action, Robert Schwentke reprend les commandes de ce troisième film. Dans cet opus, Tris (Shailene Woodley) et sa bande quittent l’enceinte d’un Chicago presque en guerre et jadis divisé en 5 factions – les Érudits, les Altruistes, les Sincères, les Fraternels et les Audacieux – pour aller à la rencontre de l’Humanité derrière le mur entourant la ville. Schwentke, malgré un méchant (Jeff Daniels) moins enthousiasmant que l’était la  fameuse Jeanine (géniale Kate Winslet), y transcrit à merveille le volet “science-fiction” des bouquins, s’inspirant de Star Wars, Tron ou même de l’univers des (soeurs) Wachowski, adeptes des notions d’hybridité et du jeu virtuel/réel.

Crédit: Les films Seville
Crédit: Les films Seville

Comme à chaque épisode, la saga remet les pendules à zéro et réinvente complètement l’univers de ses protagonistes, limités tant par leurs propres croyances que par les informations extérieures qui leur arrivent au compte-goutte. Ces (r)évolutions permanentes – la dernière étant de lier directement apocalypse et génétique – en font l’une des sagas pour adolescents les plus passionnantes et enlevées du moment, notamment parce qu’elles permettent au cinéaste d’aborder de front plusieurs genres cinématographiques:  action, drame, anticipation, SF dystopique. 

Tout l’épisode 3 semble pour sa part construit autour d’un axe de réinvention des espaces: ceux filmiques, avec lesquels le réalisateur s’amuse (on filme d’un drone, ou de l’espace confiné d’un simulateur vidéo), et ceux, saturés de couleurs, où évoluent les personnages: la terre du dehors – rougeâtre, radioactive, tâchée d’une pluie ensanglantée; l’étage immaculé du Directeur du mystérieux Bureau du Bien-être Génétique, ou encore la noirceur des souterrains où se trame le pire- exécutions sommaires, enlèvements d’enfants, bassesses et trahisons. Parallèlement, les repères spatio-temporels se fracturent: les héros sont propulsés dans « le futur », peuvent revivre des souvenirs du passé en apposant des capteurs sur leurs tempes, ou simplement se déplacer virtuellement dans le temps et l’espace présents pour épier leurs pairs. 

Crédit: Les films Seville
Crédit: Les films Seville

Enfin, à l’instar des sagas Hunger Games et Twilight, celle de Divergent explore également l’espace identitaire d’une héroïne, endeuillée mais forte, qui lutte pour conquérir sa liberté. Et comme dans les films menés par Jennifer Lawrence, le coming-of-age étreint des enjeux sociaux-politiques contemporains: environnement saccagé, société divisée en classes, manipulations scientifiques, recherche erronée d’une perfection dans l’uniformisation des pensées et des êtres. 

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