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Cinéma

Paterson: toute la beauté d’une vie banale

Trois ans après un récit de vampires campé la nuit dans les rues de Détroit, Jim Jarmusch nous propose avec Paterson de suivre le quotidien banal d’un chauffeur d’autobus et poète à temps partiel dans une ville du New Jersey. 

Avec Paterson, Jim Jarmusch rend le quotidien si beau. Son personnage principal (merveilleux Adam Driver) s’appelle Paterson et réside dans la ville du même nom, ville relativement morne du New Jersey, mais qui a vu grandir de nombreux poètes comme William Carlos Williams et Allen Ginsberg. Nous suivons Paterson jour après jour alors qu’il se lève, se rend au boulot à pied, rédige des poèmes avant de conduire son autobus toute la journée. Puis, il rentre manger et discuter avec sa copine (rayonnante Golshifteh Farahani) et prend une marche avec le chien tout en s’arrêtant pour une bière au bar du coin.

Si les journées se développent en suivant sensiblement le même trajet et les mêmes arrêts obligatoires, chaque jour a ses petites surprises. Un jour, en revenant du boulot, il rencontre une jeune fille qui partage son amour pour la poésie. Un autre jour, un homme commet un geste de désespoir au bar. Un autre jour, l’autobus de Paterson a un bris électrique. Toutes ces situations apportent quelque chose de plus au récit et à ce personnage si attachant, tout en retenue.

paterson2Paterson, cet homme si doux et aimant, n’a rien à prouver. Alors que sa copine déborde de créativité et est une grande rêveuse – elle veut ouvrir une pâtisserie, puis devenir chanteuse de country! – Paterson n’est pas très ambitieux par rapport à sa poésie qui s’inspire, justement, des petits détails du quotidien.

La notion du temps évoquée dans l’un des poèmes de Paterson (empruntés à l’Américain Ron Padgett) est aussi inhérente au récit de Jarmusch. Son personnage principal est un amoureux de la contemplation, profitant chaque jour d’une pause-lunch près d’une chute, et des bribes de conversations attrapées dans son autobus, par exemple.

Paterson est un film d’une poésie remarquable où il l’on prône la beauté des détails du quotidien et cette idée que l’on peut trouver son bonheur dans une vie ordinaire. Jim Jarmusch confirme qu’il est un génie dans la subtilité. Merveilleux.

Et dans cette même thématique de poésie du quotidien, je me permets de vous conseiller la lecture du recueil Tabloïd de Mathieu K. Blais.

En salle le 3 mars

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