Lucky: À la vie, à la mort
Cinéma

Lucky: À la vie, à la mort

Étrange sentiment que d’apprendre la mort de l’acteur Harry Dean Stanton au moment d’écrire ces lignes. L’Américain est décédé vendredi à l’âge de 91 ans et a tenu son dernier grand rôle dans ce long métrage de John Caroll Lynch. Il tient le film sur ses épaules comme il l’avait fait il y a plus de 30 ans dans le magistral Paris, Texas de Wim Wenders.

Dans Lucky, Harry Dean Stanton joue le rôle titre, un vieil homme qui vit dans une ville désertique. Son quotidien se résume à faire du yoga, faire ses mots croisés au café du coin, passer au dépanneur, regarder la télé chez lui, puis terminer ses soirées au bar avec les amis. Lucky est plutôt en forme pour son âge, mais lorsqu’il a un malaise un matin, son quotidien est chamboulé. Ce jour-là, il est confronté à la vieillesse et à la mort.

Les jours suivants représenteront une grande réflexion sur la vie, la mort, la foi et sur l’héritage qu’on laisse derrière. Lucky n’est plus lui-même, miné par la peur, et une lumière rouge le guette. S’il insiste qu’il vit bien seul et qu’il y a une grande différence entre être seul et la solitude, on le verra s’ouvrir aux autres au fil du récit, ce qui changera sa perception de la vie. Et la grande réussite du film, c’est que rien de tout ça n’est lourd. C’est plutôt fort, humain, avec des touches humoristiques, comme ce personnage excentrique de David Lynch qui parle toujours de sa meilleure amie, sa tortue disparue. 

Voilà un film franchement émouvant par ses réflexions intéressantes, des personnages attachants et une très belle facture visuelle. On en sort avec un sentiment d’avoir grandi, nous aussi.

Au Festival de cinéma de la ville de Québec: le 19 septembre à 19h au Théâtre Les Gros Becs et le 22 septembre à 15h30 au Palais Montcalm fcvq.ca

Le film prendra ensuite l’affiche au Québec le 27 octobre.