Anthony Therrien : Faire sa place
Cinéma

Anthony Therrien : Faire sa place

À 20 ans, Anthony Therrien connaît déjà une ascension remarquée au grand écran. Son rôle principal dans Les faux tatouages dévoile un jeune acteur au jeu naturel bien maîtrisé, capable de nuance et d’intensité.

Pour incarner Theo, jeune homme renfermé qui rencontre une jeune fille au charisme contagieux (Rose-Marie Perreault) le soir de son 18e anniversaire, Anthony Therrien a dû laisser de côté sa verve naturelle pour explorer une timidité hermétique, insaisissable aux premiers abords. «Même si je suis quelqu’un de volubile dans la vie, j’me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de moi dans ce personnage-là. La sensibilité de Theo, celle qu’on découvre dans les scènes de couple et d’amour, elle me ressemble beaucoup. Ma copine et mes amis proches qui ont vu le film l’ont tout de suite remarqué.»

Premier long métrage de Pascal Plante, cinéaste de Québec qui en signe également le scénario, Les faux tatouages raconte une histoire d’amour typique. «C’est un scénario super simple: gars rencontre fille, tombe en amour, amour impossible», résume Anthony Therrien, à propos de ce film présenté dans plusieurs festivals de renom comme Slamdance et la Berlinale. «Mais ce qui rend le tout super attachant et super beau, c’est vraiment les dialogues. Ç’a pas de bon sens à quel point ils sont sur la coche! Y a pas de fausses paroles qui sonnent weird, c’est juste parfait. Faut dire aussi que Pascal nous a donné beaucoup de liberté sur le plateau. C’est la réalisation la plus souple que j’ai connue.»

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Les Faux Tatouages

Né en décembre 1997 à Charlemagne, là où il réside toujours, Anthony Therrien a eu la piqûre pour le jeu à l’école primaire, en participant assidûment aux spectacles de fin d’année et en s’impliquant au sein de Côte à côte, entreprise qui offre notamment des cours de théâtre aux jeunes. Peu après avoir demandé à ses parents de l’inscrire dans une agence artistique, il a obtenu son premier rôle parlé au cinéma dans Le torrent (2012), drame historique réalisé par Simon Lavoie à partir d’une nouvelle d’Anne Hébert. «Ç’a tellement été enrichissant comme tournage! Dès l’audition, ç’a cliqué entre Simon et moi. Je crois qu’il aime les personnages avec un visage particulier et probablement que le mien, avec toutes ses cicatrices, l’interpellait.»

Ce «visage particulier», surplombé par un charmant bec-de-lièvre qui lui donne l’air d’avoir eu la vie dure, a sans doute plu à Mathieu Denis, qui l’a choisi pour interpréter le militant felquiste Jean Corbo dans un drame biographique paru en 2015. Ce premier rôle principal au cinéma a confirmé bien des choses dans la tête de l’adolescent. «À mes débuts, j’avais une attitude très candide. J’aimais l’idée de faire des films, de rencontrer des gens. Mais là, j’avais 15 ans et je cherchais à me définir, et Corbo a été en quelque une sorte une révélation. Le personnage que je jouais était beaucoup plus complexe et mature que moi. J’ai beaucoup appris à travers lui, et ç’a confirmé que je voulais être comédien dans la vie.»

La place aux jeunes

L’année suivante, Anthony Therrien obtient un rôle secondaire dans le film très médiatisé de Yan England, 1:54. Pour son deuxième long métrage, Charlotte a du fun, Sophie Lorain fait également appel au jeune acteur, qui entame le tournage de ce film tout de suite après avoir terminé celui des Faux tatouages à l’hiver 2017.

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Les Faux Tatouages

Très différents, ces films mettent toutefois en lumière un changement important dans l’industrie du cinéma québécois: les cinéastes font de plus en plus confiance à de jeunes acteurs méconnus du grand public. L’éclosion hâtive d’un artiste comme Anthony Therrien est tributaire de cette récente ouverture de la part de l’industrie: «Je crois que les gens réalisent qu’il y a du talent dans la jeunesse et que, parfois, le manque d’expérience qui nous caractérise en tant que jeunes acteurs peut causer de belles surprises. C’est super flatteur qu’on nous choisisse, au lieu de tomber dans la facilité en allant chercher des acteurs plus vieux à qui on met du linge cool pis une casquette.»

Venant tout juste de changer de décennie, le Charlemagnois entrevoit les défis qu’il devra surmonter prochainement afin de poursuivre son impressionnante grimpée. «J’approche un stade où je vais entrer en compétition avec des acteurs plus vieux comme Antoine Olivier Pilon ou Pierre-Luc Funk, qui sont très bons et consistants dans leur jeu, et qui sont plus connus que moi. Par moments, ça devient un peu paniquant… D’ailleurs, en ce moment, je tourne pas.»

Sans plan B depuis qu’il a abandonné ses études collégiales en gestion de commerce, Anthony Therrien apprend à ses dépens la réalité du métier qu’il a choisi durant son adolescence. «Quand t’arrives à 15-16 ans et que t’as fait deux longs métrages, t’es vraiment sur un nuage. Après, quand ça se met à ralentir, que tu lâches l’école et que tu dois te pogner une p’tite job pour éviter de devenir fou à rien faire chez toi, tu réalises que la compétition est plus forte que tu pensais et que c’est à toi de rappeler aux gens que t’existes. J’ai maintenant une vision plus réaliste et parfois même pessimiste du métier, car quand tu travailles pas pendant un bout, tu finis par douter de toi… Malgré tout, je pense que j’ai ma place dans ce milieu-là. J’ai hâte de voir ce que l’avenir me réserve.»

Probablement de grandes choses.

Charlotte a du fun
En salle le 2 mars

Les faux tatouages
En salle depuis le 16 février à Montréal

En salle le 2 mars au cinéma Le Clap à Québec

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