Allure des frères Sanchez : Tension psychologique
Cinéma

Allure des frères Sanchez : Tension psychologique

Leurs photographies aux mises en scène épatantes évoquaient déjà le septième art, nous plongeant dans des univers narratifs obscurs. Aujourd’hui, après plusieurs années de travail, les frères Carlos et Jason Sanchez dévoilent leur premier long métrage au public québécois.

Le récit d’Allure, c’est celui d’une relation particulière entre deux femmes, une frêle adolescente pianiste dont les liens avec la mère s’effritent et une jeune femme de ménage alcoolique qui la convainc de l’héberger pour la sauver de ses problèmes familiaux. La tension monte alors que la police cherche la jeune Eva et que Laura se révèle être une prédatrice issue d’un cycle d’abus. Laura manipulera Eva pour la garder sous son aile. Julia Sarah Stone et Evan Rachel Wood sont impeccables dans ces rôles troubles. Le travail inspiré de cette dernière sur le plateau de tournage a d’ailleurs motivé les frères cinéastes à modifier le dénouement du personnage par une scène baignée dans un brin d’espoir.

«On voulait montrer qu’une personne qui manipule comme ça a des raisons de le faire, explique Carlos. Ce n’est pas purement démoniaque. Les gens blessés ont tendance à blesser les autres. Il faut prendre le temps de comprendre pourquoi ces gens-là sont comme ça. On a réécrit la fin pendant qu’on tournait parce que les performances d’Evan étaient tellement fortes, dures, touchantes qu’on se devait de donner de l’espoir au personnage.» «Ça n’excuse pas son comportement parce qu’elle fait des choses moralement très dommageables, mais tout n’est pas noir et blanc, ajoute Jason. Laura est prise dans un cycle d’abus.»

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Pendant les quelques années d’écriture du scénario (alors que Carlos et Jason travaillaient en publicité), il y eu un changement assez majeur: le personnage de la prédatrice était à l’origine un homme plus âgé, les frères s’étant inspirés entre autres de l’histoire d’enlèvement de Natascha Kampusch en Autriche. «On avait financé le film et on était à l’étape du casting, mais on peinait à trouver un acteur de la qualité qu’on souhaitait pour le rôle, indique Carlos. La directrice de casting nous a dit: «avez-vous pensé à ce rôle pour une femme? Ce serait plus facile de trouver une actrice du calibre que vous recherchez». D’une minute à l’autre, on a réalisé qu’on devait réécrire le scénario.»

«On était surtout intéressés par la psychologie entre ces gens-là, leur attachement l’un à l’autre, dit Jason. Quand on a changé le personnage pour une femme, c’était une libération. On pouvait alors développer l’idée d’être pris dans une relation où tu ne peux pas t’enfuir, mais qui est vraiment basée dans la psychologie et non pas dans le physique d’un homme. C’est la direction qu’on voulait prendre et ça a donné une nouvelle vie au scénario.»

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Le scénario est tombé entre les mains de l’actrice américaine Evan Rachel Wood, qui a accepté le défi parce qu’un tel rôle est peu commun au grand écran et que l’expérience lui permettait d’affronter ses propres démons, en quelque sorte. «Evan a beaucoup réagi au matériel parce qu’elle a eu dans le passé des relations comme celle-là, indique Jason. Elle était hyper courageuse. Elle voyait l’intérêt de jouer un rôle de femme prédatrice, ce qu’on ne voit pas souvent. Elle a vu le potentiel de commencer un dialogue avec les gens qui sont dans des relations abusives. Chose certaine, elle n’a pas fait ce film pour le fun. C’était des bonnes conditions de travail, mais elle a beaucoup souffert avec des scènes intenses. Elle connaît le rôle de victime donc c’était pas naturel pour elle de jouer l’agresseur. Ç’a lui a pris beaucoup de travail pour se transformer dans ce rôle-là.»

Transformation réussie. Voilà un premier saut au cinéma qui ne laisse pas indifférent pour les frères Sanchez.

À l’affiche le vendredi 13 avril.

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