Une vie violente : A Tè Corsica
Cinéma

Une vie violente : A Tè Corsica

Pour son deuxième long métrage après Les Apaches (2013), Thierry de Peretti plonge le spectateur dans la Corse des années 1990, alors que la région connaît une vague de violence et de nombreuses luttes entre différents clans qui rendent le climat explosif. En ce sens, la séquence d’ouverture s’avère particulièrement troublante et peut a priori sembler gratuite, mais elle donne le ton pour la suite des événements.

Un texte à l’écran, au départ, informe brièvement le spectateur du contexte dans lequel évoluent les personnages, mais le film évite d’être trop explicatif. Peu à peu, un personnage central se dessine, Stéphane (Jean Michaelangeli, convaincant), dont les idéaux et le nationalisme le pousseront à devenir un militant d’extrême gauche. Sans artifices, ce film, qui aborde indirectement le monde de la mafia, évite pourtant les écueils et la plupart des lieux communs que les films du même genre ont pu nous offrir jusqu’à maintenant. Même s’il s’agit d’un long métrage qui réaffirme l’engagement idéologique de la jeunesse, il s’affaire surtout à dépeindre les raisons qui poussent un étudiant ordinaire à se radicaliser, parfois malgré lui. Sans jamais être explicatif ni paternaliste, le film résonne toutefois avec d’autres conflits nationaux et pourrait être rapproché des événements du FLQ plus près de chez nous.

Sans avoir le panache de Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau (2016), le long métrage demeure tout de même efficace dans son ensemble. Or, les nombreuses discussions qui peuplent le film de Peretti peuvent, à un certain point, rendre l’intrigue quelque peu alambiquée. Ainsi, malgré ses qualités certaines, le récit piétine et s’essouffle par moments, tant son contenu est dense. Si le film parvient tout de même à toucher, il semble que le propos aurait trouvé un partenaire médiatique davantage approprié du côté de la série télévisée. Là où la série Marseille a remarquablement échoué à présenter des personnages crédibles et une finesse dans ses intrigues politiques, Une vie violente pourrait très bien conserver son ton juste en se déployant davantage sous la forme télévisuelle. N’enlevons toutefois rien au film: sa présentation d’un contexte trouble, son rythme lent et ses images d’une Corse rarement vues au cinéma demeurent probants.

Les offres sur Boutique.Voir.ca

Obtenez de 25% à 40% de plus dans ces établissements!