Don't Worry, He Won't Get Far on Foot : Dessine-moi tout sauf un mouton
Cinéma

Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot : Dessine-moi tout sauf un mouton

Chaque année voit son lot de biopics bienséants et convenables sortir au cinéma. Si le film est moindrement bien réalisé et que le rôle principal est quelque peu convaincant, c’est une nomination aux Oscars assurée. Ce sont des films bien faits, mais qui ne bousculent certainement pas les conventions ni ne soulèvent les passions. Or, voilà qu’après Milk (2008), Gus Van Sant s’intéresse de nouveau à ce genre classique en adaptant l’autobiographie de John Callahan. Le réalisateur, s’il s’en tient à une «histoire vraie», parvient toutefois à insuffler une touche personnelle qui contourne les normes du genre, comme il l’avait fait avec Last Days (2005).

S’intéressant à une figure beaucoup moins proéminente qu’Harvey Milk ou Kurt Cobain, le réalisateur se concentre cette fois-ci sur John Callahan, illustrateur, caricaturiste et musicien polémique. Pour incarner celui-ci, Sant renoue avec Joaquin Phoenix, l’adolescent de sa comédie tordue To Die For (1995). Dans ce rôle, l’acteur prouve une fois de plus qu’il est l’un des plus talentueux et polyvalents de sa génération.

L’humour noir et l’autodérision de Callahan imprègnent ce film, tout comme ses illustrations qui prennent vie dans certaines séquences; un procédé exploité notamment dans American Splendor (2003) et The Diary of a Teenage Girl (2015).

Pour présenter ce personnage fascinant et irrévérencieux, des flashbacks continuels, présentés par le biais d’un montage parallèle efficace, brisent la linéarité sans toutefois rompre avec la courbe dramatique. On découvre donc ponctuellement Callahan avant son accident décisif, à des conférences, à l’hôpital ou en thérapie afin de souligner les contrastes et suggérer des prises de conscience.

Pour régler son problème d’alcool et vivre avec son handicap, Callahan progresse dans son art comme il franchit les 12 étapes des AA. Il y parvient notamment grâce à l’aide d’un «parrain» inusité, interprété de manière convaincante par Jonah Hill au sommet de sa forme. Brillant et touchant dans le rôle de ce riche héritier astucieux et franc, Hill revêt quelque peu les airs de Michael Pitt dans Last Days.

Si Callahan devient un exemple de rédemption, le portrait sensible et nuancé que constitue le film n’est pas pour autant complètement moralisateur. Bien que le film exulte une certaine spiritualité salvatrice, celle-ci dépasse le cadre strictement catholique pour prôner une forme davantage humaniste. Dans ce film touchant et cru, l’élève devient le maître, une source d’inspiration inattendue qui gagne à être davantage connue.

En salle ce vendredi 20 juillet

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