L'été de 84 : L'Amérique qui s'effrite
Cinéma

L’été de 84 : L’Amérique qui s’effrite

Avec Summer of 84 (L’été de 84), le trio de réalisateurs RKSS nous ramène à l’époque électorale du deuxième mandat de Ronald Reagan dans une banlieue où sévit un tueur en série. Un premier suspense intrigant de ceux qui nous ont donné Turbo Kid en 2015.

«On a décidé de faire ce film parce que le scénario prenait des risques», avoue d’entrée de jeu François Simard, l’une des trois têtes pensantes de RKSS. «On aime des films comme The GooniesThe Birds ou encore Stand by Me, mais la tangente prise par le scénario amenait quelque chose de neuf qui allait faire de ce film un objet cinématographique mémorable.»

RKSS, c’est François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell, qui travaillent ensemble depuis maintenant plus de 15 ans. Ils se sont d’abord fait connaître avec des courts métrages comme BagmanDemonitron ou encore le désopilant Ninja Eliminator. Bien connu des événements et festivals axés sur les films de genre comme Spasm et Vitesse Lumière, le trio a lancé Summer of 84 à Sundance un peu plus tôt cette année. Voir les a rencontrés après la projection montréalaise du film dans le cadre de Fantasia.

«On est heureux que l’étape de la première soit derrière nous. On a passé le test de la projection devant nos proches», commente Yoann-Karl Whissell.

L’histoire de ce film met en scène le jeune Davey Armstrong (Graham Verchere) et sa bande d’amis dans la banlieue d’Ipswich en Oregon. C’est un été de découvertes où l’on apprend à boire, à flirter et à s’échanger des magazines pornos. Cet été-là, une étrange vague de disparitions a lieu et Davey croit avoir repéré le tueur en série: son voisin, le policier Wayne Mackey (Rich Sommer). Les quatre amis inséparables mèneront l’enquête et tenteront de prouver la culpabilité du policier.

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D’entrée de jeu, ce qui fascine chez le trio RKSS, c’est justement le travail de réalisation à trois têtes. Comment fonctionne un plateau sous la supervision du triumvirat?

«Ça fait plus de 15 ans qu’on travaille à trois, et cela a toujours été la façon de faire», précise Yoann-Karl Whissell. «Nous arrivons sur le plateau très préparés. Je m’occupe de la direction des comédiens, François s’occupe de l’équipe caméra et Anouk coordonne les chefs de département. On se sépare les forces et on partage nos cerveaux. C’est un peu comme faire partie d’un band», ajoute François Simard.

Avec Turbo Kid il y a trois ans, le trio avait déjà entamé un pastiche, un hommage et une plongée dans le langage esthétique des années 1980, et cela bien avant la sortie de la série aujourd’hui culte Stranger Things. Le retour en arrière à cette époque permet de traiter de sujets actuels et de comprendre la désillusion ambiante avant l’élection du deuxième mandat de Reagan.

«On retourne aux années 1980, car cette époque est le puits dans lequel on a puisé notre imaginaire et on a vécu notre enfance», explique Yoann-Karl Whissell, en verve. «Il y avait aussi une façon de faire dans les années 1980 qui n’existe plus aujourd’hui. Je suis convaincu que bon nombre de films faits à cette époque n’auraient plus aujourd’hui le feu vert des producteurs. C’est une époque en cinéma où l’on osait encore et où l’on faisait confiance aux spectateurs. Summer of 1984 est un film sur la paranoïa et la peur de son voisin.»

À la direction photo, on retrouve le fidèle Jean-Philippe Bernier, également membre du duo musical Le Matos qu’il complète avec Jean-Nicolas Leupi. Le Matos, faut-il le rappeler, compose la musique de ce film, une musique dense et inquiétante qui vient souligner le climat de peur et d’insécurité propre aux années 1980.

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«On commence à parler de la musique dès l’étape du scénario. La musique est super importante, nous dit Anouk Whissell. Ils disposent de tout juste un mois pour composer la bande sonore du film. Étant donné que Jean-Philippe est notre directeur photo, il connaît le scénario par cœur, ce qui contribue à la justesse de la musique composée.»

Après ce hiatus du côté du film de suspense, on voulait savoir ce qu’ils nous réservaient pour leur prochain long métrage, ou du moins ce qu’ils souhaiteraient tourner et dans quel genre, eux qui sont les maîtres du pastiche.

«J’aimerais beaucoup faire un film de science-fiction même si pour le moment nous travaillons sur un film d’horreur pur», nous répond Yoann-Karl Whissell.

«Moi, j’aimerais faire un film d’horreur dans l’espace, car c’est un endroit qui m’insécurise au plus haut point», avoue de son côté Anouk Whissell.

«J’aimerais faire un film de kung-fu et un western», révèle François Simard.

En attendant cet hypothétique troisième long métrage, leur second prend l’affiche ces jours-ci.

En salle le 3 août

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